Séminaire Psychologie, psychiatrie et psychanalyse : histoires croisées

Psychologie, psychiatrie et psychanalyse : histoires croisées

Vendredi de 14 h à 16 h (Centre Alexandre-Koyré, MNHN, pavillon Chevreul, 3e étage, 57 rue Cuvier 75005 Paris)

Psychologie, psychiatrie et psychanalyse ont contribué et contribuent à constituer le champ des savoirs et des pratiques sur l’homme. Il nous semble important de développer à leur endroit une approche historienne. Ce séminaire a pour propos de confronter les histoires de la psychologie, de la psychiatrie et de la psychanalyse, et d’explorer les territoires dévolus à l’homme moral, physique et social dans la période allant du XVIIIe au XXe siècle. Nous souhaitons privilégier la confrontation des approches et des points de vue afin de mettre en œuvre une histoire intellectuelle, culturelle et sociale du domaine « psy ». Soutenu par la Société d’Histoire des Savoirs sur le Psychisme (SHSP), ce séminaire est ouvert aux chercheurs et aux étudiants en histoire et en histoire des sciences, aux praticiens et aux chercheurs en psychologie, psychiatrie et psychanalyse et plus généralement en sciences humaines, ainsi qu’à toute personne intéressée.

Programme

19 novembre 2010 : Valelia Muni Toke (CNRS-Paris VII-ENS), La place de l’introspection dans les travaux d’Edouard Pichon. Médecine, psychanalyse et grammaire.

3 décembre 2010 : Hervé Guillemain (Université du Maine), Peut-on faire l’histoire de la méthode Coué ?

17 décembre 2010 : Baptiste Moutaud (CeRMeS3- Equipe Cesames, Université Paris Descartes), Faire du vieux avec du neuf ? L’application de la stimulation cérébrale profonde aux troubles psychiatriques.

14 janvier 2011 : Vincent Barras (IUHMSP, Université de Lausanne), Les hallucinations : relations croisées entre neurosciences, psychopathologie et arts, XXe siècle.

28 janvier 2011 : Samuel Lézé (ENS, Lyon), Histoire naturelle du mouvement freudien et juridiction des problèmes personnels.

11 février 2011 : Isabelle von Bueltzingsloewen (Université Lumière Lyon 2-LARHRA) Réflexions sur la médicalisation de la folie dans la France de l’entre deux guerres.

11 mars 2011 : Wolf Feuerhahn (CNRS, Centre Koyré), Retour sur un interdit : l’antipsychologisme en sociologie.

25 mars 2011 : Valeria Babini (Université de Bologne), La psychiatrie italienne au XXe siècle.

29 avril 2011 : Livia Velpry (Université Paris-VIII/Saint-Denis), Les unités pour malades difficiles : aux marges ou à la pointe du secteur psychiatrique.

13 mai 2011 : Sarah Terquem (Université Paris-1- EXeCO)), La discussion sur la mentalité primitive à l’origine de la psychologie historique.

27 mai 2011 : Nausica Zaballos (EHESS), Faire carrière grâce à l’internement : Wilma Wilson patiente du Camarillo Mental Hospital, aspirante actrice et auteur.

http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2010/ue/1028/

Book Announcement – Images de la folie

Claude QUETEL, Images de la folie (Paris, Gallimard, 2010, 188p)

Aucune maladie n’a été plus porteuse d’iconographie que la folie. Le mot lui-même a toujours été ambivalent, signifiant à la fois absence de sagesse et perte de la raison au sens médical du mot. Les artistes se sont engouffrés dans la brèche en jouant sur les deux tableaux. Des pures allégories de la folie comme La Nef des fous, on a cependant tôt fait d’arriver à des représentations où la pathologie a déjà sa place. C’est néanmoins avec la naissance de la psychiatrie, à l’orée du XIXe siècle, que les images de la folie se multiplient : peintures édifiantes, types d’aliénés, scènes de la vie asilaire… L’asile, voulu comme un instrument de guérison, se transforme en vision d’épouvante à travers les images-reportages de ses cours et de ses dortoirs, de ses médications et de ses appareils de contention.
L’iconographie de la folie s’exprime aussi dans les représentations de maladies «vedettes» comme l’hystérie, dans le regard des artistes à diverses époques, dans les figurations d’une antipsychiatrie aussi ancienne que la psychiatrie elle-même. Enfin, les fous eux-mêmes font oeuvre dans  l’expression de l’art brut.
Au total, ces images constituent une véritable histoire de la folie, d’une folie qui, rapidement débarrassée de ses oripeaux allégoriques, apparaît en dépit de la diversité de ses représentations comme ce qu’elle a été de tous temps : une maladie toujours aussi mystérieuse et encombrante pour la société.

L’historien Claude Quétel a publié une Histoire de la folie, de l’Antiquité à nos jours (Tallandier, 2009), qui constitue la synthèse de nombreux travaux publiés sur l’histoire de la folie, le plus souvent en collaboration avec des psychiatres (notamment la Nouvelle histoire de la psychiatrie, dirigée avec le Dr Jacques Postel).

Seminar series – History of Psychiatry and Psychology

The Wellcome Trust Centre for the History of Medicine in collaboration with the Centre for the History of Psychology of the British Psychological Society have put together this term’s program for their joint seminar series on the History of Psychiatry and Psychology:

10 November 2010
Dr Ernst Falzeder (University of Innsbruck), Freud in America, Freud on America, Freud and America

17 November 2010
Dr James Kennaway (University of Durham), The Piano Plague: The Nineetenth-Century Psychiatric Critique of Female Musical Education

1 December 2010
Alexandra Bacopoulos-Viau (University of Cambridge), Automatism, Psychology, Modernism: The Case of Pierre Janet

8 December 2010
Professor Mikkel Borch-Jacobsen (University of Washington), Making Minds and Madness: From Hysteria to Depression

The seminars take place at the Wellcome Trust Centre for the History of Medicine at UCL, 5th Floor Lecture Room, The Wellcome Building, 183 Euston Road, London NW1 2BE on Wednesdays, 5.30pm-7.00pm preceded by refreshments at 5.15pm.

Additional information can be found here.

Colloque – Psychanalyse, littérature, cinéma

Samedi 6 novembre 2010

11e colloque de l’Association pour L’Étude de la Psychanalyse et de son Histoire

Colloque franco-allemand


Dessins de lettres  II. Psychanalyse, littérature, cinéma.

Salle du Sénéchal 17 rue du Rémusat, 31000 Toulouse

Préambule
Le succès du colloque de Lille en mars 2010 nous conduit cette année à étaler le fruit de notre travail sur deux sessions. Ceci est lié tant à l’ampleur du thème abordé, qu’au nombre important et à la qualité des propositions qui nous sont parvenues. C’est donc la deuxième partie d’un projet de travail tournant autour de l’articulation toujours enrichissante de la psychanalyse et de la littérature que nous nous proposons d’exposer à Toulouse en novembre 2010.
Argument du colloque
En  1908, Sigmund Freud compare la littérature à une activité « de fantasme ». Son article va plus loin que le titre ne le laisserait entendre : il ne suffit pas de fantasmer pour écrire.  Le fantasme soutient le désir, il ouvre une fenêtre sur le réel –  Fenêtre sur cour, le film d’Alfred Hitchcock, illustre bien cette « ouverture ». Mais le désir, bien qu’articulé, reste inarticulable, comme l’observe Lacan. Et le réel ne pointe, la plupart du temps, que sous la forme de l’angoisse dans l’embrasure de la fenêtre du fantasme. Aussi est-ce par le rejet que réagit l’être parlant à l’impossibilité d’exprimer son désir et à l’angoisse causée par le réel. Il ne veut rien en savoir : il refoule ou rejette son désir et fuit le réel. Cependant, depuis la nuit des temps, le chant des sirènes attire les poètes. L’écriture leur permet de les approcher, mais ils restent attachés au mât d’une réalité rassurante, ainsi qu’Ulysse sur son navire. Féru de lettres, grand lecteur de Shakespeare et jaloux de certains écrivains comme Arthur Schnitzler, Freud a frayé une autre voie vers ces zones où l’homme rencontre son destin. Il a inventé la psychanalyse dont on peut, avec Lacan, définir l’objectif : libérer le désir inconscient par la répétition de la demande, adressée par un sujet à un psychanalyste, de trouver son chemin dans une vie dont le langage voile les vrais enjeux, ceux de la sexualité, et avant tout, la question de savoir si un homme et une femme peuvent se rencontrer. Dans le projet freudien de fonder de « hautes études » de psychanalyse (La question de l’analyse profane, 1927), la littérature joue un rôle  éminent. Et pourtant, ce n’est par goût des belles lettres. Freud, s’il appréciait le théâtre d’Henrik Ibsen, ne méprisait pas pour autant la littérature mineure (La Gradiva de W. Jensen, par exemple), prenant son matériel là où il le trouvait. Lacan s’oppose à son tour aux lubies des beaux esprits en jouant volontiers sur l’équivoque du mot « lettre » : le « ruissellement des petites lettres » des mathématiques lui importait  autant que celui des textes littéraires. De tout temps, des hommes et des femmes ont avoué qu’il leur aurait été impossible de se maintenir dans l’existence s’ils n’avaient pas écrit. C’est sur cette fonction salvatrice de la littérature que Lacan pouvait se fonder quand il faisait de celle de Joyce un symptôme, voire un « sinthome ». Terme de l’époque de Rabelais, le « sinthome » désigne sous la plume de Lacan un lien réparateur sans lequel un sujet risque de sombrer dans la folie. À Joyce et quelques autres, l’écriture a servi d’un tel lien. Loin de renforcer le narcissisme ou la simple demande de reconnaissance sociale, l’écriture peut s’avérer nécessaire. Aussi la psychanalyse se laisse-t-elle instruire par la littérature. L’écriture et la psychanalyse sont solidaires puisque toutes les deux, et chacune à sa façon, défendent l’existence du sujet contre la jouissance dévastatrice qui parfois menace de l’annihiler. L’écriture dans ce sens débroussaille « ce qui ne cesse pas de s’écrire » de façon sauvage dans les symptômes morbides. On peut dire que le sinthome littéraire est un antidote du symptôme ravageur. À cet égard, le psychanalyste qui veut dissoudre ce dernier par son interprétation doit beaucoup apprendre des poètes.   Non, la psychanalyse ne se laisse ni réduire, ni « appliquer » à la littérature ! L’une rencontre plutôt l’autre sur certains points nodaux de la structure dans laquelle nous évoluons. Nous avons déjà insisté sur la fonction du sinthome.
Voici encore deux autres points de rencontres :
1. Et l’inconscient et les poètes jouent avec la lettre – mais pas de la même façon, comme on le voit avec  l’auteur de Finnegans Wake, qui était « désabonné à l’inconscient ».
2.  « La vérité a structure de fiction », rappelle Lacan dans son écrit « Lituraterre ». Certaines œuvres (de Kleist jusqu’à Borges) dramatisent le caractère fictionnel de la vérité tandis  que les paradoxes de la logique  décrivent les voies par lesquelles la vérité se soustrait à la formalisation.À la différence du signifiant qui représente le sujet, la lettre touche à la jouissance qui, elle, n’est pas représentable. Lacan pense la lettre comme située à la lisière entre le savoir et la jouissance, comme orientée vers ce que Freud, dans son Interprétation des rêves, a appelé  « l’inconnu » (das Unerkannte). Elle ne peut pas représenter mais seulement cerner ce réel.Notre colloque réunira des chercheurs (en histoire, comme aussi en critique littéraire et artistique), des hommes et des femmes de théâtre ainsi que des psychanalystes. Ils confronteront le fruit de leurs recherches sur les dessins de la lettre, dans le double sens de cette expression : du fait de leurs constellations, les lettres de tout texte littéraire sérieux dessinent la frontière entre le savoir et la terre inconnue à laquelle se heurte ce savoir, montrant ainsi que le savoir lui-même ne nous est pas si familier, même quand nous pensons le maîtriser. « Dessin » renvoie, en plus, à « destin », voire à « destination ». En effet, la lettre entretient aussi une dynamique. C’est pourquoi les chercheurs, orateurs de notre colloque, s’intéresseront également aux voies des lettres quand elles interviennent dans le destin de l’être humain, incarné par les héros des romans de toutes les époques.

Programme

9h15 Ouverture du colloque par Jean-Paul Kornobis, membre de l’A.l.e.p.h.
9h 30-11h Présidence, Jean-Paul Kornobis

Eric Le Toullec— Un regard étrangement inquiétant : Freud-Lubitsch 1919

Sylvie Nève— Des auteurs lisent publiquement à voix haute – quand une voix dessine quelque chose…
11h 30-13h Présidence, Geneviève Morel

Frédéric Yvan—Lettres de lieux, ruines et figures du réel

Pascal Bataillard — Nabokov le nymphome ou, le sinthome d’après Joyce
14h30 -16h00 Présidence, Brigitte Lemonnier

Sylvie Boudailliez— Première expérience d’écriture : une agonie

Anne Ermolieff— « Je ne veux plus parler, je suis trop en colère »; la lettre entre expériences visuelle et sonore
16h30-18h00 Présidence Franz Kaltenbeck

Sylvain Masschelier — L’instance de la lettre d’amour dans l’inconscient

Michael Meyer zum Wischen — Marguerite Duras : écrire en marge, au bord de la mer. Réflexions à propos de « Le ravissement de Lol V. Stein »

18h00-18h15 Conclusion du colloque : Franz Kaltenbeck

Pour plus d’informations, cliquez ici.

CfP ESHHS 2011

The European Society of the History of Human Sciences (ESHHS) invites submissions to its annual conference to be held at

University of Belgrade, Belgrade, Serbia, 5 to 8 July 2011

Papers, posters, symposia, or workshops may deal with any aspect of the history of the behavioral, human, and social sciences or with related historiographic and methodological issues. Since this is the 30th annual conference of the ESHHS, we welcome suggestions for special events (e.g. symposia) to celebrate the occasion.

The program committee will consist of Gordana Jovanovic (University of Belgrade, local organizer), Uljana Feest (TU Berlin, Germany), Jannes Eshuis (Open University, The Netherlands), Annette Mülberger (University of Barcelona, Spain) and Petteri Pietikainen (University of Helsinki, Finland).

Submissions must be received by April 1st 2011, and must be sent electronically as an attachment in MSWord (.doc) or .rtf format to: gjovanov@f.bg.ac.rs; feest@mailbox.tu-berlin.de; jannes.eshuis@ou.nl

Papers: Submit a 700-800 word abstract plus short bibliography. The program committee welcomes original papers, i.e. not previously presented at other conferences or published.

Posters: Submit a 300 – 400 word abstract.

Symposia: Submit a 300-word abstract describing the symposium as a whole, and a 500-700 word abstract plus short bibliography from each of the participants.

Workshops: Contact local organizer Gordana Jovanovic: gjovanov@f.bg.ac.rs

A limited number of travel funds will be available to students and to scholars from countries with low value currencies who are presenting papers or posters. Please indicate along with your submission if you wish to be considered for this arrangement.

N.B. Just before the ESHHS conference in Belgrade, the ISTP (International Society for Theoretical Psychology) will have its conference in Thessaloniki, Greece, from 27 June to 1 July 2011 (see http://www.psych.ucalgary.ca/istp/). The vicinity in time and space allows a relatively easy attendance to both conferences.

Conference site: University of Belgrade, Faculty of Philosophy (www.f.bg.ac.rs)

For updates on the conference, check the ESHHS website http://psychology.dur.ac.uk/eshhs/

CfP: Medicine at the Margins Conference

Medicine at the margins: ideas, knowledge and practice from c. 1500 to 2000

Friday, April 15th 2011. University of Glamorgan (UK)

A conference jointly organised by the Department of History and the Research Centre for Literature, Arts and Science (RCLAS) and supported by a grant from the Wellcome Trust.

Throughout the history of medicine there has always been knowledge and practices considered to be (or portrayed as) outside the normal or orthodox: these include early modern popular and magical healing, mesmerism, ‘quack’ remedies, and alternative or complementary medicine. They have all existed at the boundaries of acceptability and legitimacy, and these boundaries have frequently shifted. Similarly, some illnesses have placed patients beyond the margins of acceptability. Mental health problems, sexually-transmitted diseases and conditions incurring great disfigurement have all been intertwined with social concepts of the taboo .

What exactly can be found at these margins of medicine, and who determined them? How did practitioners and patients understand unorthodox practices, and how did this affect the treatment choices they made? Were patients and practitioners prepared to subvert social and cultural expectations in order to treat disease? How far have patients hidden or disguised the symptoms of a taboo illness, and how have doctors reacted to patients with shameful or forbidden illnesses? How were such practices culturally represented?

This conference offers the opportunity to bring fresh insight to the energetic debates about the concepts of ‘orthodox’ and ‘unorthodox’ in medicine by exploring the peripheries of the medical experience through history and its cultural forms. We welcome proposals for papers on any of the following themes, or others which potential participants recognise as relevant to the conference:

• Relationships between the medical orthodoxy and laity
• The impact of folklore in medical history
• Sufferers’ experiences and narratives of unorthodox medicine
• Geographical margins, such as rural areas and provincial towns
• Concepts of health, well-being and disability through time
• Taboo illnesses or afflictions
• Self-inflicted injury
• Status illnesses or injuries
• Representations of health and medicine in art and literature
• Medicine and colonial expansion
• Medicine and ethnology

Please send proposals of no more than 200 words, with a brief personal CV of 50 words by January 30th 2011 to Dr Alun Withey, History (ARWithey@glam.ac.uk) and Professor Andrew Smith, RCLAS (Asmith5@glam.ac.uk).

Conference Website: http://history.research.glam.ac.uk/margins/

Special issue of Transcultural Psychiatry: Religion and Mental Health

The last issue of Transcultural Psychiatry has been released online and is entirely devoted to the relationship between mental health and religion. Included in this issue is an article by Simon Dein (University College London) that focuses on christianisty and mental health in the light of the work of William James (1842-1910), the father of american psychology. It is entitled Judeo-Christian Religious Experience and Psychopathology: The Legacy of William James. The abstract reads:

This article examines the relationship between Judeo-Christian religious experience and psychopathology. It builds on William James’s Varieties of Religious Experience and more specifically his discussions of self, agency and the subliminal. Contemporary research on Christian conversion, mysticism, and its relationship to psychosis and mental health and healing are discussed. Future themes for research are proposed.

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