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The Endurance of Graphology in France

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Hugh Schofield at BBC News Paris has posted an interesting article on the continued use of the field of graphology in France.  In contrast to much of the rest of the world apparently, French employers continue to rely on this form of handwriting analysis. Schofield cites a 1991 independent study that found ”that a massive 91% of public and private organisations in France were then making use of handwriting analysis.”

In France, the field is associated with the work of the French Catholic priest, Jean-Hipployte Michon (1806-1881).  In Germany, graphology has been historically connected to the characterologist Ludwig Klages  (1872-1956).   And, in fact, historian Per Leo has just published a book examining the tangled history of graphology in Germany, along with its ties to anti-semitism.

Article: The Musée de la folie

The most recent issue of the Journal of the History of Collections features an article by Allison Morehead – “The Musée de la folie: Collecting and exhibiting chez les fous” – reconsidering accepted wisdom about the Musée de la folie, which opened on the outskirts of Paris in 1905.

Abstract: The 1905 opening of Dr Auguste Marie’s Musée de la folie, at the Villejuif Asylum on the outskirts of Paris, has long been viewed as a key moment in the early history of the art of the insane. But surprisingly little is known about the museum and its collection. This article argues that the Musée de la folie was in fact a largely imaginary entity that intersected both with the asylum itself and with a planned Musée rétrospectif psychiatrique. Exploring the various discourses constructed through Marie’s collection and through similar collections and museum projects across Europe permits not only a critique of the teleological narrative usually told about the discovery of the art of the insane, but also provides a richer understanding of the psychiatric and popular contexts in which Marie’s heterogeneous collection, including the art works of his patients, was originally gathered, represented and consumed.

Review – Quétel Claude, Histoire de la folie de l’antiquité à nos jours, Paris, Tallandier, 621 p., 2009.

Pour les historiens francophones, Claude Quétel demeure l’auteur d’une thèse volumineuse sur l’hôpital psychiatrique du Bon-Sauveur, dans la région de Caen, ville de cette Normandie contée par Gustave Flaubert et Guy Maupassant et largement meurtrie au XXe siècle par les années de guerre auxquelles il s’est intéressé par la suite. L’auteur reprend l’étude de la folie après plusieurs années d’absence sur ce terrain bien que l’on se souvienne de son ouvrage de synthèse écrit en collaboration avec le psychiatre Jacques Postel – que les historiens ont eu souvent l’occasion d’apprécier pour ses écrits et ses observations1.

Ce volumineux livre a de nouveau l’ambition d’être une synthèse du traitement de la folie dans un espace qui n’est cependant pas vraiment défini. Les sources concernent la France dans la très grande majorité des cas bien que certains médecins évoqués par Cl. Quétel fassent partie du panthéon de l’histoire de la psychiatrie européenne. Plusieurs événements ayant eu lieu hors de France sont évoqués – l’émergence de la psychanalyse, la stérilisation des malades en Allemagne, l’antipsychiatrie en Italie ou en Angleterre, l’impact du DSM américain – sans que l’auteur ne se réfère aux travaux des collègues européens ou nord-américains sur les sujets traités. Des articles issus des revues relevant de son objet (Frenia, Gesnerus, History of Psychiatry, Medical History, Medicina e Storia etc.) ne sont jamais cités. De la même manière, Cl. Quétel méconnaît les travaux les plus récents réalisés en France et accomplis par de jeunes chercheurs. Sans doute parce que l’auteur ne quitte jamais sa thèse: l’histoire de la psychiatrie est en France sinistrée depuis que Michel Foucault a traversé ce domaine de recherches. Ce n’est que récemment que l’on pourrait reprendre en toute liberté le travail de recherche. Ce n’est toutefois pas à cela que Cl. Quétel s’emploie. Son objectif est tout aussi idéologique que l’intention prêtée à Foucault. On comprend dès lors mieux le titre donné par Quétel à son ouvrage : c’est une anti-Histoire de la folie à l’âge classique. A force de critiquer Michel Foucault – ce que d’autres ont déjà fait avec beaucoup plus de force et de finesse – Cl. Quétel n’évite pas les propos caricaturaux et on ne voit pas très bien quelle serait l’urgence à déterrer la hache de guerre.

On parviendra ici ou là à prendre quelques informations et observations utiles dans les chapitres concernant ce que l’auteur connaît le mieux et qu’il a parfois déjà publié (les exemples issus de l’hôpital du Bon Sauveur sont sollicités à plusieurs reprises.) On trouvera également quelques références parfois peu connues rappelant que l’auteur savait trouver des documents pertinents et adéquats. Ces aspects ne suffisent pas cependant à faire oublier les erreurs factuelles, les interprétations insolites sur tel ou tel point d’une histoire de la psychiatrie qui à force de vouloir tout couvrir rate souvent sa cible. Le chapitre intitulé « Les antipsychiatries » est de ce point de vue tout à fait exemplaire. L’historien se transforme ici en avocat des psychiatres français qui n’en demandaient pas tant et leurs collègues italiens sauront apprécier les propos tenus !

Mon espoir est de pouvoir convaincre nos collègues européens que ce livre n’est pas représentatif de la recherche française dans le domaine de l’histoire de la psychiatrie ni des travaux de sciences sociales explorant la santé mentale et de les rassurer sur la possibilité de travailler dans une ambiance sereine en France. Les nuages planant sur la psychiatrie d’aujourd’hui ne sont sûrement pas lancés par Michel Foucault ni par son fantôme.

Jean-Christophe Coffin.

1 Cl. Quétel et J. Postel Nouvelle histoire de la psychiatrie, Paris, Dunod, 1994.

Vers une réforme du dispositif de soins sous contrainte en France

Le 5 mai dernier la ministre de la santé française Roselyne Bachelot a présenté en conseil des ministres un projet de réforme de la loi du 30 juin 1990 sur l’hospitalisation sous contrainte, qui pourrait être discuté au Parlement à l’automne. Si les velléités réformatrices n’ont pas manqué depuis qu’existe un dispositif de contrainte en psychiatrie en France, l’événement tient aujourd’hui à deux choses, que les mois qui viennent devront confirmer : d’une part au caractère plus abouti que jamais du projet : alors que l’on ne compte plus les commissions qui ont réfléchi aux manières de faire évoluer la loi y compris au cours des vingt dernières années, c’est la première fois depuis 1990 et la deuxième depuis 1945 qu’un projet est allé aussi loin dans le parcours législatif ; d’autre part au fait que s’il aboutit, le changement introduit dans le dispositif sera probablement le plus significatif que celui-ci aura connu depuis plus d’un siècle.

L’innovation introduite dans le projet porte en effet essentiellement sur un point, mais il est de taille puisqu’il concerne l’objet même de la contrainte. Comme la plupart des législations occidentales, la loi de 1990, reprenant les grandes lignes de la loi fondatrice du système psychiatrique français en 1838, est une loi d’internement ou d’hospitalisation sous contrainte. La contrainte y prend la forme d’une restriction de la liberté d’aller et venir, d’une collocation à un lieu clos, peut s’exercer une surveillance continue sur la personne, avec les multiples significations que revêt cette surveillance – protection de la personne contre elle-même, protection de la personne contre la société, protection de la société contre la personne, protection en particulier de la famille. Le projet qui circule redéfinit cette contrainte pour en faire une contrainte au soin, sans comporter nécessairement de restriction aux libertés d’aller et venir et indépendamment du lieu où ce soin est dispensé – hôpital, hôpital de jour, consultation privée. La loi ne définissant évidemment pas le contenu du soin, du ressort des professionnels, c’est, profondément, l’organisation ou l’encadrement de la relation médecin malade par l’autorité publique qui est en jeu : en fin de compte c’est à une sorte de parrainage ou de chaperonnage au caractère éventuellement coercitif que l’on a affaire.

Dans ses grandes lignes, le projet de loi reprend en fait les préconisations d’un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales de 2005. Si ce dernier était passé relativement inaperçu, le texte actuel suscite depuis début avril abondance de débats et de réactions dans les milieux psychiatriques. Les associations professionnelles ont pour certaines d’entre elles critiqué ses dispositions : c’est en particulier le cas des praticiens hospitaliers et des personnels des secteurs, qui ont souligné le risque d’une dérive sécuritaire en pointant l’allègement de certains des contrôles du dispositif et d’autant de garanties pour les libertés civiles – et en critiquant par ailleurs le contexte d’élaboration de ce projet, à la suite d’un discours du président de la République Nicolas Sarkozy en 2008, à teneur de fait hautement sécuritaire. Les deux principales associations d’usagers de la psychiatrie en France, l’UNAFAM, représentant les familles, et la FNAP-Psy pour les patients eux-mêmes, ont à l’inverse plutôt favorablement accueilli le projet, qui leur paraît susceptible de garantir de meilleures conditions de traitement. Dans l’ensemble le texte ne paraît cependant pas avoir soulevé la même indignation que de précédentes initiatives – et en particulier une tentative de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, de modifier le dispositif dans une loi de sécurité intérieure en 2006.

Si l’on tente de s’extraire de ces débats, la signification historique de ce projet et l’interprétation de ces débats peut probablement être analysée à deux niveaux différents, à partir de deux perspectives chronologiques :

1. La première correspond à une perspective de longue durée. En matière de soins sous contrainte, la France hérite globalement du dispositif créé en 1838 par les fondateurs de la psychiatrie moderne. Cela ne signifie cependant pas que le dispositif ou que la loi de 1838 soient restés globalement tels qu’ils avaient été pensés ou planifiés par leurs créateurs au XIXe siècle. En plus d’un siècle et demi l’un et l’autre ont largement changé de signification et de nature, même si la lettre de la loi est en apparence restée peu ou prou la même. La loi de 1838 organisait en effet l’assistance psychiatrique : elle créait un statut pour des personnes assignées à l’asile. C’est vers la réforme de ce statut que se sont dirigé les efforts des principaux réformateurs de la psychiatrie durant une bonne partie des XIXe et XXe siècle, avant que dans la seconde moitié du XXe siècle le dispositif n’évolue de manière pragmatique : d’abord par la généralisation progressive des hospitalisations psychiatriques sans contrainte, ensuite par la réforme du dispositif de tutelle et enfin par l’alignement du statut des hôpitaux psychiatriques et de leurs personnels sur celui des hôpitaux généraux. De sorte que ne reste plus aujourd’hui de la loi de 1838 qu’un noyau, le dispositif de contrainte, délié des autres aspects du texte initial, et notamment de la protection de la personne.

Cela permet de comprendre et de situer la nouveauté et l’originalité de l’évolution suggérée par le projet. Elargir la palette des possibilités de contrainte n’est certes pas une nouveauté. En 1945, dans ce qui fut probablement la dernière tentative de repenser dans son ensemble le dispositif de 1838 dans l’ensemble de ses dimensions, un groupe de psychiatres avaient proposé d’élargir les modes de placement à d’autres formules que l’hospitalisation dans un asile, tels par exemple que le placement familial, les colonies agricoles. Mais précisément leur projet consistait en l’organisation d’un placement, d’une forme d’assistance, c’est-à-dire, pour reprendre une expression de l’un de ces psychiatres, de l’aménagement des conditions de vie les mieux à même de permettre à la personne de développer un niveau de fonctionnement optimal. Et en ce sens, la proposition s’inscrivait dans le cadre d’une psychiatrie sociale qui insistait sur le rôle thérapeutique du milieu.

A cet égard, l’idée que la contrainte puisse porter sur les soins même suppose une conception renouvelée de l’intervention psychiatrique, de ses moyens comme de ses fins, qui renvoie de toute évidence aux manières dont la biomédecine contemporaine produit et agit sur ses entités, et singulièrement aux innovations pharmaceutiques : c’est précisément cela que veulent dire les acteurs lorsqu’ils soulignent qu’il s’agit de mettre le droit en conformité avec les pratiques. Encore cette approche n’est-elle pas non plus d’une radicale nouveauté : la notion de soins sous contrainte a en effet été introduite il y a plus d’un demi siècle pour une catégorie spécifique – les alcooliques dangereux – avant d’être mobilisée d’autres populations présentant un profil proche les toxicomanes dans les années 1970, plus récemment les délinquants sexuels. La généralisation à l’ensemble des clientèles de la psychiatrie marque en ce sens certes une étape supplémentaire mais pas une redéfinition en profondeur du droit. Elle signale toutefois de façon symbolique le passage vers un autre régime de contrôle social de la maladie mentale ou de biomédicalisation de la société, qu’une analyse foucaldienne pourrait qualifier de société de contrôle ou de politique de la vie elle-même. Notons toutefois que cette évolution n’est pas exclusive du maintien de formes de contrôle social ressortant aux disciplines et à la réclusion : la rétention de sûreté introduite dans le droit français en 2008, qui permet de maintenir dans une structure fermé un délinquant pour une durée indéterminée après qu’il eut purgé sa peine en cas de risque de récidive, suggère que l’on n’a pas abandonné les approches les plus traditionnelles de la notion de dangerosité.

Cela peut au demeurant expliquer en partie l’opposition des professionnels. En remettant en cause l’institution comme lieu d’élection du soin psychiatrique, le projet touche à un aspect central des manières dont la psychiatrie française a construit ses pratiques depuis l’après guerre. Cela pose plus largement une question importante : celle du sens de l’hospitalisation psychiatrique aujourd’hui. Si le soin peut se passer de l’hospitalisation, quelle est la fonction de celle-ci, quelle est sa valeur ajoutée, si ce n’est la possibilité de contrôle et de surveillance continue.

2. Le deuxième niveau d’analyse porte sur la conjoncture actuelle et les raisons qui expliquent que le projet soit effectivement en passe d’aboutir. De ce point de vue l’aspect le plus spectaculaire du texte en circulation est qu’il ne tranche pas les débats qui étaient au cœur des discussions sur la loi du 30 juin 1990 jusqu’au début des années 2000. Le projet introduit certes une période de 72 heures préalable à la décision de mettre en branle la contrainte, qui rappelle un dispositif proposé en 1997 par la commission Strohl chargée d’évaluer les effets de la loi de 1990. Mais ce rapprochement n’est qu’apparent : puisque dans les propositions de 1997 la période était un sas nécessaire pour une personne amenée sans certificat aux urgences, qui pouvait être maintenue contre son gré et à l’issue de laquelle la décision intervenait comme un jugement. On se rapprochait ainsi du dispositif nord américain. Ici la demande d’hospitalisation, sous la forme d’un formulaire rempli par un tiers ou par l’autorité publique et d’un certificat médical, reste préalable à cette période d’observation et de façon plus générale l’équilibre entre intervention médicale et position administrative reste inchangé : l’obligation de soin est mise en œuvre sous le contrôle des représentants de l’Etat, sous l’impulsion conjointe des praticiens et d’un tiers ; ceux-ci initient la mesure, qui les met dans un second temps sous le contrôle de l’autorité publique. En regard d’une autre proposition portée notamment par le rapport Piel Roelandt de 2001 de déspécifier la loi pour en faire une loi générale de traitement sous contrainte qui ne se limite pas au cas de la psychiatrie, là encore le projet actuel adopte une position que l’on pourrait qualifier de conservatrice puisque les motifs des soins sous contrainte restent fondamentalement les mêmes.

Ce pas de côté pourrait s’expliquer par le rôle nouveau que jouent les associations d’usagers dans l’élaboration et l’animation des politiques publiques en psychiatrie en France, et de façon plus générale l’importance politique qu’elles ont prise depuis une dizaine d’années. On est frappé en effet par le fait que nombre des dispositions du projet reprennent des préoccupations historiques des familles, qu’il s’agisse du problème de l’accessibilité des services ou de la question du tiers demandeur, pour lequel le projet propose d’alléger les contraintes. En ce sens ce projet pourrait être une illustration de plus, après la reconnaissance et la mise en œuvre d’un nouvel ensemble de politiques publiques autour de la notion de « handicap psychique » en 2005, du nouveau régime de production de la santé mentale dans lequel est entré le pays.

Il est trop tôt pour savoir ce qu’il adviendra du projet. La poursuite du processus législatif dépendra à la fois de la volonté du gouvernement de donner à ce texte une priorité suffisante pour l’inscrire sur l’agenda du parlement et de la mobilisation que ses opposants sauront susciter parmi les parlementaires. La procédure pourrait par ailleurs être retardé par la masse de problèmes qui pourront être associé au projet – on parle ces jours-ci de réformer le dispositif encadrant l’irresponsabilité pénale. On peut cependant penser qu’il a une chance d’aller à son terme, dans quel cas il conviendra d’être attentif à l’interprétation qui lui sera donné par les acteurs sur le terrain.


Nicolas Henckes

post-doctorant CERMES3 (Villejuif, France)

henckes@vjf.cnrs.fr

Chronique de la psychiatrie ordinaire

L’historien français Hervé Guillemain vient de publier un ouvrage où il décrit “la psychiatrie ordinaire” aux XIXe et XXe siècles à travers les institutions psychiatriques de la Sarthe. Sur la quatrième de couverture, on peut lire:

Quel est l’ordinaire de la psychiatrie de province, de ses soignants et de ses patients depuis plus de deux siècles ? De l’asile du Mans – l’un des premiers créés en France -1828) – à la constitution des secteurs dans les années 1970, ce livre reconstitue à partir d’archives et de témoignages l’histoire de la psychiatrie en Sarthe, sa singularité, bien sûr, mais aussi ce qu’elle dit de l’institution. A travers une quinzaine de chapitres illustrés, nourris par le récit d’itinéraires individuels de patients et de soignants et par la description vivante des lieux, des moments et des pratiques qui font la psychiatrie s’écrit ainsi une histoire à plusieurs voix.

Pour plus d’information, veuillez cliquez ici.

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