Archive for March, 2010

Mass Media Depictions of Mental Illness

PsychCentral has a pithy piece by Margarita Tartakovsky that discusses some of the common stereotypes found in mass media representations of people suffering from mental illness (Click here to see the article).   Some of the most common being that:  people with mental illnesses are prone to violent outbursts; the mentally ill are unpredictable;  depression is caused by a chemical imbalance.  All of these contain some measure of truth, of course, but are grossly exaggerated in the media. Particularly noteworthy is discussion of I. Schneider’s 1987 sketch of three conventional ways in which the movie industry over the course of the 20th century scripted psychiatric professionals – as evil (Dr. Evil), foolish (Dr. Dippy), or wonderful (Dr. Wonderful).  Not only could the same be said of film and tv presentations of virtually all medical personnel (something the British tv series Green Wing got down to a comedic art), but also of those deemed insane as well – all in all, an interesting kind of symmetry.   On the surface, at least, there appears to be a limited repertoire of tropes and narrative plots upon which popular – and, it would also seem, scholarly – representations of the mad and mentally ill have relied.  I would be interested in hearing from others about other historical variations, especially those that were once prominent, but now have all but disappeared.

GE

Review – Institutions de la folie. Expériences psychiatriques judiciaires, hospitalières et militaires. XIXe-XXe siècles

DE LA FUREUR À LA DANGEROSITÉ. FOLIE VIOLENTE / FOLIE DANGEREUSE AU XIXe SIÈCLE

Arguments

Cette journée s’est proposée d’aborder un moment dans l’histoire de la notion de dangerosité, celui de sa naissance. C’est assez récemment, entre la deuxième moitié du XIXe siècle et les années 1880, que le concept apparaît, aux confins de la psychiatrie et de la justice. On connaît ses ramifications ultérieures : la dangerosité psychiatrique qui veut cerner le risque incombant aux personnalités dangereuses, puis la dangerosité criminologique qui aborde à partir de 1980 la question du risque par des données épidémiologiques1, en revanche la généalogie de la notion tant du côté du « caractère dangereux » évoqué par la justice ou l’institution asilaire que de celui de l’ancienne notion de fureur est plus obscure.

La dangerosité apparaît d’emblée comme une zone de marge, qui recouvre l’ancienne frontière séparant le crime de la folie, sans être assimilable ni à la criminalité ni à l’aliénation mentale, une notion hybride et problématique dont l’extension est incontestable mais qui pour autant trouve difficilement sa place dans le système judiciaire dévolue aux criminels tout autant que dans l’institution psychiatrique consacrée aux malades. Son apparition marque ainsi une rupture importante dans la manière de concevoir les rapports de la société à la violence et permet légitimement d’évoquer le passage d’un régime de responsabilité à un régime de dangerosité2.

Le risque social de la criminalité, tout comme les désordres que provoque le trouble mental, s’inscrivent entre 1791 et 1880, dans un système conceptuel et institutionnel profondément rétif à la question du danger. Le cadre légal et judiciaire du premier XIXe siècle place en effet la faute et la responsabilité au centre du procès. L’aliénation mentale est conçue comme exclusive de toute procédure légale car le crime, et son revers la légitimité de la peine, reposent sur la volonté et la conscience de l’inculpé, facultés qui précisément disparaissent dans l’aliénation mentale. C’est le sens de l’article 64 du code pénal de 1810 : « Il n’y a ni crime ni délit lorsque l’accusé était en état de démence au moment de l’action ». La question du danger du criminel et de la prévention des crimes est alors étrangère aux magistrats, et si la récidive vient aggraver la peine, c’est parce que la faute du relaps est plus grave que celle du primo délinquant et non parce qu’il menace la société.

L’idée d’une violence propre à la folie existe cependant, c’est la fureur. L’antique furor, inscrite dans la médecine mais aussi dans le droit de l’Antiquité romaine, désigne précisément la folie violente, « colère du délire » pour Esquirol, et symptôme de la maladie plus que maladie elle-même. Le furieux est, par excellence, le fou à lier et à enfermer. Si le cadre d’analyse est clairement admis, les instances chargées de ces furieux restent incertaines. La procédure ne peut relever du système pénal puisque le furieux est irresponsable pénalement. Il fait cependant l’objet, comme les autres aliénés, de mesures de protection des biens prescrites par les articles 489 et 491.

Article 489 : Le majeur qui est dans un état habituel d’imbécillité, démence ou de fureur doit être interdit, même lorsque cet état présente des intervalles lucides.

Article 491 : Dans le cas de fureur, si l’interdiction n’est provoquée ni par l’époux ni par les parents, elle doit l’être par le procureur du Roi, qui, dans les cas d’imbécillité ou de démence, peut aussi la provoquer contre un individu qui n’a ni époux, ni épouse, ni parent connus.

Mais l’internement proprement dit échappe à la justice suivant la célèbre loi des 16-24 août 1790 sur l’organisation judiciaire qui, en séparant judiciaire et autorité administrative, charge les corps municipaux « du soin d’obvier ou de remédier aux événements fâcheux qui pourraient être occasionnés par les insensés et les furieux laissés en liberté ».

Dans ce régime de responsabilité, la fureur est donc un point limite qui provoque une sortie du droit, tout en réclamant les moyens d’une régulation. C’est précisément dans cette perspective que Michel Foucault définit la fureur, comme « l’ensemble des violences qui échappent à la définition rigoureuse du crime et à son assignation juridique3 », tout comme la dangerosité, a t-on envie d’ajouter, à cette différence cependant que l’on attribue à la fureur une part infime des actes violents tandis que la violence en puissance contenue dans la dangerosité semble envahir le champ social et psychiatro-judiciaire.

Chronologie : le tournant des années 1880

Le basculement se situe autour des années 1880. L’extension du champ de l’aliénation mentale portée par le développement de la psychiatrie depuis le début du XIXe siècle, la victoire de l’hypothèse biologique à partir de 1860 avec l’invasion de la dégénérescence mais aussi l’intérêt plus affirmé pour le comportement voire le psychisme des criminels favorisent très certainement le développement d’un abord hygiéniste de la question criminelle qui trouve son aboutissement dans l’anthropologie criminelle de Cesare Lombroso. La question du danger n’est bien entendu pas exclusivement liée à la question du trouble mental mais elle relève, au moins indirectement, de la psychiatrie qui s’intéresse à des formes diverses de déviances et propose depuis les années 1840 des institutions spécifiques pour criminels aliénés, ainsi que l’introduction d’une gradation dans la responsabilité pénale, c’est-à-dire, au fond, une rupture avec des principes centraux des Codes napoléoniens4.

Les transformations judiciaires, notamment le développement de l’individualisation des peines, favorise l’examen de la personnalité des criminels. Le souci de protection sociale surgit périodiquement, notamment autour de la question de la récidive, et motive l’apparition de peines éliminatrices comme la transportation à Cayenne puis la relégation des récidivistes en 1885, ainsi que l’émergence d’une nouvelle doctrine : la défense sociale. La catégorie du danger semble être le fruit de ces exigences nouvelles. Elle émerge cependant lentement car si les années 1880 sont un moment important de basculement, le mot dangerosité n’apparaît que dans les années 1960.

La circulation des concepts entre médecine, droit et justice imposait un croisement des regards historiques. La généalogie des concepts devait s’allier avec l’étude des figures susceptibles de cristalliser, ou au contraire de pacifier, les angoisses sociales, ainsi qu’à l’analyse des pratiques, pénales et asilaires qui concrétisent et bien souvent précèdent les évolutions conceptuelles.

Commentaires

Si des ruptures chronologiques apparaissent nettement dans le champ judiciaire et sont lisibles dans le champ médical, il peut paraître plus difficile de cerner des évolutions franches dans la gestion hospitalière des malades « dangereux » tant les permanences (chambres d’isolement, rôle de la contention) semblent écrasantes. On ne peut que constater la persistance tout au long du siècle de l’assimilation de l’acte furieux et du cri ou de l’écrit séditieux. Pourtant quelques évolutions peuvent être distinguées. L’asile est pensé dans le but de gérer la fureur d’individus considérés comme de « mauvais sujets » sociaux ou politiques. Si le projet idéologique asilaire affirme éteindre la fureur des aliénés, catégorie tombée en désuétude dans la prose des aliénistes, elle n’en subsiste pas moins comme catégorie populaire utilisée notamment par les médecins de campagne au XIXe siècle pour caractériser l’agitation d’un individu. Et elle se masculinise. Comme le montre l’exclusion du champ juridique et médical du type de la femme violeuse, la dangerosité des femmes devient impensable dans la seconde moitié du XIXe siècle. Dans les dernières décennies du XIXe siècle, l’asile confronté à un flux sans cesse croissant d’internements doit établir une ligne entre les caractères tranquilles et dangereux des aliénés afin de légitimer la sortie anticipée des malades ou au contraire de justifier leur internement. L’asile, conçu à son origine pour être une institution destinée aux sujets curables et dangereux, devient progressivement un lieu d’hospitalisation des misères sociales les plus diverses : sénilité, enfance abandonnée, épilepsie, etc. où l’on procède logiquement à la diversification des quartiers.

Les projets de quartiers pour malades difficiles émergent dans ce contexte comme l’illustre l’exemple du quartier de Gaillon ouvert en 1876. Mais l’administration pénitentiaire en charge de ce quartier ne passe le relais aux services hospitaliers qu’au début du XXe siècle. Très près de nous, dans le cadre de l’émergence d’une société du risque, l’enquête sociologique permet de comprendre de quelle manière les structures hospitalières qui gèrent désormais essentiellement des patients en phase de crises aigues, sont confrontées à des tendances lourdes. La judiciarisation rampante des relations entre soignants et patients, la pression administrative et politique sur le maintien des hospitalisés d’office, pèsent à la fois sur les modalités de gestion de la violence pour lesquelles les soignants ne sont guère formés et sur la perception de la maladie mentale dans la société toute entière.

La réflexion tend donc à dissoudre la rupture des années 1880 dans une chronologie plus ample. La question de la folie criminelle paraît en effet marquée par des questions récurrentes et de fortes permanences. Permanence des moyens de régulation mais aussi permanence aussi du vide institutionnel, seules les figures ou les symptômes du danger et leur assignation au crime ou à la folie fluctuent au gré des angoisses sociales. La dangerosité apparaît ainsi comme une catégorie transversale surplombant l’alternative folie/criminalité sans parvenir à s’y substituer tant les principes forgés au cours de la période révolutionnaire et impériale paraissent résistants.

Laurence Guignard, Hervé Guillemain, Stéphane Tison

1 MUCCHIELLI Laurent, Histoire de la criminologie française, Paris, 1994 ; DEBUYST Christian, DIGNEFF Françoise, P. PIRES Alvaro, Histoire des savoirs sur le crime et la peine, 2 vol., Paris, Bruxelles, 1998 ; CASTEL Robert, « De la dangerosité au risque », Actes de la recherche en sciences sociales, juin 1983, n° 47-48 ; FOUCAULT Michel, « L’évolution de la notion d’individu dangereux dans la psychiatrie légale », Déviance et Société, Genève, 1981, pp. 403-422.

2 CHEVALIER Philippe, GREACEN Tim, Folie et justice : relire Foucault, Paris, Editions Erès, 2009.

3 FOUCAULT Michel, Les Anormaux, Paris, Gallimard, 1999.

4 Par exemple lors des débats à la société médico-psychologique de 1863.

8th European Social Science History Conference

At the 8th European Social Science History Conference which takes place in Ghent (13 April – 16 April 2010), several papers are devoted to the history of psychiatry.

  • The institutionalized role of psychiatry in the punishment and rehabilitation of former national socialists in the Netherlands (1944-1954) by Bram Enning and Helen Grevers
  • Beyond containing: the First World War and the psychoanalytic theories of Wilfred Bion by Michael Roper
  • A change of perspective: integrating evolutionary psychology into the historiography of violence by John Wood
  • The turn inwards: Freud’s theory of female sexuality as a psychologization of social practices by Geertje Mak
  • Child Psychiatry between scholarly traditions in Sweden 1945-1985. Medical conferences as an arena for defining the borders and content of an emerging disciplinar field by Bengt Sandin
  • Different Settings? Narrative interviews versus psychoanalytical interviews by Ela Hornung
  • Psychology against Medicine ? Mysticism in the Light of Scientific Apologetics by Agnès Desmazières

To get the complete program, click here.

Review on Lisa Mandel’s “HP”

Cet album est une contribution originale à la bande dessinée documentaire et historique. Originale d’abord par son objet, la psychiatrie, dont on n’imaginait pas nécessairement qu’elle serait un jour illustrée de cette manière. Originale, ensuite, car ce n’est pas la grande histoire qu’elle cherche à documenter, l’histoire des grandes figures et réalisations de la discipline, mais au contraire le quotidien de l’hôpital psychiatrique, vu par des acteurs auxquels on donne aujourd’hui encore rarement la parole, les infirmiers, et qu’elle s’attache à décrire ce quotidien dans ses aspects les plus banals et triviaux. Originale enfin car elle rompt avec le réalisme auquel a d’habitude recours la bande dessinée documentaire. Et c’est précisément ce qui fait la force de cet album, et singulièrement sa force documentaire : non pas ou pas seulement car cela permet à Lisa Mandel de faire sentir ou voir le fantasme, le délire, la folie en un mot, parce que le dessin et l’imaginaire la libéreraient des contraintes de la vraisemblance ; mais surtout car cela lui permet de représenter la folie dans sa dimension la plus sordide et de donner à voir une réalité dont il n’est pas certain qu’elle ait jamais été mise à l’écran ou sur papier : les corps dégradés des personnes souffrant de maladie mentale au long cours, que ce soit les corps nus d’hommes et de femmes âgés, gâteux et dément, dans leurs déjection dans leur lit, ou les corps bavant et agités de spasme, de tremblements des malades neuroleptisés. Ce faisant, ce réalisme à la fois objectif et abstrait situe cet album au-delà du romantisme mais aussi du misérabilisme qui caractérisent souvent les témoignages et histoires de la psychiatrie, et lui permet de restituer l’épaisseur d’une certaine expérience de la maladie mentale.

L’album se présente comme un témoignage brut, recueilli à la source par l’auteur auprès de ses parents et d’amis et collègues de ces derniers, tous entrés en psychiatrie au même moment dans le même établissement de la région marseillaise. Les premières pages dressent un portrait des protagonistes de l’album et des raisons qui les ont conduits à embrasser la carrière d’infirmier psychiatrique – raisons rarement motivées par un choix ou une vocation personnelle. Le corps de l’album est le récit de la découverte par ces – alors – jeunes infirmiers de l’hôpital où ils font leurs premières années de métier. Il est constitué d’une série de bandes d’une à trois pages qui sont à la fois une série de saynètes ou d’histoires et la description de différentes facettes de la vie hospitalière. Si certaines sont comiques et d’autres relèvent plutôt de l’humour noir, les plus nombreuses, et les plus nombreuses à mesure que l’on avance dans l’ouvrage, ressortissent plutôt au genre du conte moral, et visent à illustrer en de courts récits les dilemmes et les difficultés auxquels doivent faire face les infirmiers sans être le plus souvent armés pour y apporter une réponse.

L’hôpital que découvrent ces jeunes infirmiers, c’est « l’asile » et l’ouvrage s’ouvre de fait sur une citation du premier article de la loi de 1838 fondatrice du système asilaire en France, seule incursion dans l’histoire antérieure aux années 1970. Quelques pages décrivent les moyens thérapeutiques mis en œuvre – l’auteur résume en particulier de manière très didactique la philosophie du soin comme régression et reconstruction à l’œuvre en France à l’époque -, d’autres présentent certains patients types d’un hôpital de l’époque. La plupart s’attachent à décrire finement les différentes formes de violence ordinaire dont sont victimes les patients. Violence faite du manque de moyen lorsque l’absence de draps de rechange oblige à réutiliser ceux qui viennent d’être souillés pour faire un lit. Faite de la bêtise des infirmiers lorsque ceux-ci profitent de leur position pour humilier, battre, voire voler les patients. Nourrie de leur angoisse et de leur faiblesse lorsque face à un patient lui-même violent, non content de le maîtriser ils lui « passent » littéralement leur peur sous forme de coup ou d’humiliation. Violence pateline lorsque sans chercher à mal certains infirmiers développent pour passer le temps des jeux humiliants ou dégradants pour les patients qui en sont les victimes parfois consentantes – comme celui-ci, inventé par un prodige de la pétanque, consistant à déloger d’un jet de boule un cochonnet placé sur la tête d’un patient, protégée par un vieux casque militaire, faisant de cet infirmier le Guillaume Tell de l’hôpital pour le plus grand plaisir de tous, patients y compris…

Si la description se veut objective, sans chercher ni à condamner ni à justifier les infirmiers mais en restituant seulement leur quotidien et les questions que celui-ci soulève chez eux, l’hôpital est analysé comme un système dont les différents acteurs ne sont pas libre d’agir comme ils pourraient le vouloir. En cela, l’album garde la marque des théories de psychologie sociale en vogue dans la psychiatrie de l’après guerre, qui décrivaient l’hôpital comme un champ de relations sociales animé par certaines lois ou règles générales. A ceci près que cette dynamique de groupe est ici toujours négative, là où précisément les psychiatres pensaient pouvoir la détourner pour en faire un facteur de traitement des malades. Quoi qu’il en soit ces descriptions dessinent en creux une vision idéale de la psychiatrie : la distance cultivée par l’auteur avec les techniques et les savoirs psychiatriques – par exemple en insérant un glossaire de termes marseillais là où l’on attendrait un glossaire de termes psychiatriques – suggère de fait que la matière psychiatrique est d’abord faite de sentiments et de relations humaines avant que de techniques.

L’ensemble donne une vision à la fois riche mais aussi forcément partielle de la psychiatrie telle qu’elle se pratiquait dans un établissement psychiatrique français dans les années 1970. On peut par exemple s’étonner voire regretter la justification simple que l’auteur donne de l’hospitalisation psychiatrique, comme moyen d’écarter les malades : l’entrée en psychiatrie a toujours été un processus complexe, douloureux, pour les malades comme pour leurs proches, et les hospitalisations sous contrainte n’ont jamais été des décisions simples. Sans doute la position des infirmiers, éloignés du contact des familles lorsqu’ils étaient cantonnés à l’hôpital comme c’était le cas avant l’avènement de la psychiatrie communautaire – et encore pour un certain nombre d’entre eux après – ne leur permettait-elle pas d’appréhender cette réalité dans sa richesse. On peut surtout s’interroger plus profondément sur la morale que l’auteur commence à dégager à la fin de l’album. Les dernières vignettes annoncent l’avènement d’une autre psychiatrie à venir dans les années 1980, dans laquelle ces infirmiers ont pu élaborer leur vocation véritable. Ce faisant, ces dernières pages donnent une coloration spécifique à l’ensemble de l’album : en faisant des travers qui y sont décrits une série de déviations dont l’auteur suggère que le tournant des années 1980 les aurait renvoyées à un passé révolu. L’histoire de la psychiatrie regorge de ces moments charnières de sortie de l’asile, dont il faut toujours interroger la texture – on pense ici à l’analyse par Gladys Swain de la libération des fous par Pinel. Les années 1970 correspondent sans doute à une série de transformations profondes dans les pratiques de soin, qui ont pris effet à des rythmes différents dans les différents établissements de France : on pense au recrutement d’un grand nombre de médecins qui viendront renouveler les cadres et apporter de nouvelles manières de faire, l’arrivée de nouvelles générations de travailleurs sociaux et de psychologues, la mise en place de pratiques de psychiatrie communautaire. On peut se demander cependant si ces changements si massifs soient-ils ne contribuent pas à assombrir le tableau que les acteurs font de la psychiatrie précédente. Après tout le sentiment d’avoir vécu la période de l’asile n’est-il pas une reconstruction mémorielle, une défense personnelle face à la sensation d’avoir contribué à faire advenir un mieux par la suite ? Sans doute est-il encore trop tôt pour juger : on attend pour cela le second album. Dès à présent cependant ce volume apparaît comme un document original à verser à l’histoire de la psychiatrie.

Nicolas Henckes

Lisa Mandel, HP – L’asile d’aliénés (Paris: L’Association, 2009), ISBN: 978-2844143167 , 13€

New Issue of History of the Human Sciences

The most recent issue of History of the Human Sciences has Scott Vrecko as guest editor and is dedicated to Neuroscience, Power and Culture Contents. Two articles adresses more specifically the use of drugs inside psychiatry.

The persistence of the subjective in neuropsychopharmacology: observations of contemporary hallucinogen research by Nicolas Langlitz (Department of Anthropology, New School for Social Research). The abstract reads:

The elimination of subjectivity through brain research and the replacement of so-called ‘folk psychology’ by aneuroscientifically enlightened worldview and self-conception has been both hoped for and feared. But this cultural revolutionis still pending. Based on nine months of fieldwork on the revival of hallucinogen research since the ‘Decade of the Brain,’this paper examines how subjective experience appears as epistemic object and practical problem in a psychopharmacological laboratory. In the quest for neural correlates of (drug-induced altered states of) consciousness, introspective accounts of test subjects play a crucial role in neuroimaging studies. Firsthand knowledge of the drugs’ flamboyant effects provides researchers with a personal knowledge not communicated in scientific publications, but key to the conduct of their experiments. In many cases, the ‘psychedelic experience’ draws scientists into the field and continues to inspire their self-image and way of life. By exploring these domains the paper points to a persistence of the subjective in contemporary neuropsychopharmacology.

Profitable failure: antidepressant drugs and the triumph of flawed experiments by Linsey McGoey (Saïd Business School, University of Oxford). The abstract reads:

Drawing on an analysis of Irving Kirsch and colleagues’ controversial 2008 article in PLoS [Public Library of Science]Medicine on the efficacy of SSRI antidepressant drugs such as Prozac, I examine flaws within the methodologies of randomized controlled trials (RCTs) that have made it difficult for regulators, clinicians and patients to determine the therapeutic value of this class of drug. I then argue, drawing analogies to work by Pierre Bourdieu and Michael Power, that it is the very limitations of RCTs — their inadequacies in producing reliable evidence of clinical effects — that help to strengthen assumptions of their superiority as methodological tools. Finally, I suggest that the case of RCTs helps to explore the question of why failure is often useful in consolidating the authority of those who have presided over that failure, and why systems widely recognized to be ineffective tend to assume greater authority at the very moment when people speak of their malfunction.


The History of Health Insurance and Mental Illness

The historical branches of German social insurance

The successful passage of health insurance reform legislation in the United States moves me to wonder about the extent to which scholars have looked into the role of health insurance in mental health care.  About ten years ago, a number of us historians examined the impact of mental illness on social insurance in Germany around the years 1880-1930.  Perhaps not surprisingly, the rise of shellshock in World War I and the killing of 200,000 psychiatric patients by the Nazis under their T-4 program provided the backdrop and inspiration for much of this research.   In my own study of disability within early German social insurance (Making Security Social), I found that providing health care benefits to those suffering from work-related nervous illnesses prompted a vocal, organized, and persistent backlash from those who contended that the system was only rewarding malingering.  The fact that some claimants contended that their nervous symptoms were caused, not by a factory accident, but rather by the torturous process of applying for a pension itself only seemed to confirm the view that social insurance and mental illness did not mix well.   In fact by the 1920s and 1930s, “pension neuroses” – as they were called – were publicly pilloried by conservatives, liberals, and the Nazis as emblematic of a social insurance system that bred whining and undermined productivity and masculinity.  Interestingly enough, however, the Nazis found it politically impossible to dismantle the social insurance system, despite the fact that many reformers in their party wished to do so.  So, there is certainly historical evidence indicating that, indeed, insurance systems do create new constituencies that provide powerful support for the system’s continuation.

So, I have some questions for others.  Are there good historical studies out there (articles or monographs) which examine insurance’s impact on mental illness and mental health and vice versa?  What role has health insurance played in reinforcing or undermining professional, institutional, and social trends and practices?  For instance, to what extent was social insurance responsible for the post-World War II boom in psychotherapeutic professionals and services?  What role have pharmaceutical companies played in health insurance systems affecting mental health across the globe?  What effects did health insurance schemes have on the process widely known as deinstitutionalization?  Please post any responses on the blog.

GE

New Issue of Psychiatrie, sciences humaines, neurosciences

The latest issue of Psychiatrie, sciences humaines, neurosciences is dedicated to psychiatry in a colonial context. One article is specifically dedicated to the history of the notion of obsession in Germany.

Psychiatrie au-delà du Rhin: obsessions et compulsions dans la psychiatrie de langue allemande by M. Géraud (Centre hospitalier Charles-Perrens, Bordeaux). The abstract reads:

The notion of obsession was built late in France. The same is true in German-speaking countries (first occurring in 1867). But obsessional disorders have kept a more autonomous nosographic position in these latter countries than in France, where obsession has long been connected with the idea of degeneration, which is not given emphasis in Germany. Mentioned for the first time by Krafft-Ebing in 1867 and by Griesinger in 1868, obsession (Zwangsvorstellung) has been the subject of an exemplary clinical description by Westphal, in 1877, who defined it as an autonomous pathology radically different to “paranoia” (Verrücktheit) and melancholia; according to him, obsessions never change into delusions. This field has varied considerably in its symptomatic area: some authors going so far as to introduce the idea of obsession, sensations, feelings, impulses, and actions; obsession, according to Löwenfeld, encompass the intellectual, emotional, and motor functional spheres. Other authors, notably Bumke, keep to a more strictly defined area, within the direction defined by Westphal. Fundamental emotional disorders are either rejected or identified with anxiety. Connections with other illnesses have given rise to a number of concepts. Considered autonomous by Westphal and Bumke, obsessional symptomatology has been thought of, by other authors as primary or secondary to other pathologies, originating in melancholia or changing into it. The nosographic position varies. Either obsession is considered an autonomous illness or it is connected to other pathologies (neurasthenia, degeneration, Verrücktheit). Connections with other illnesses are dominated by relationships to melancholia; connections to paranoia are much more problematic; those with hysteria are seldom mentioned. After setting up frameworks for manic-depressive psychosis and schizophrenia (Kraepelin, Bleuler) and for hysteric neurosis (Freud), the nosographic position of obsessions, which have become “obsessional neurosis”, varies according to these pathologies and becomes complex. Kraepelin has it as an anxiety disorder connected to phobias but links some obsessions with “manic-depressive insanity”. The followers of Kraepelin insist on the connection with manic-depressive illness. Bleuler connects the obsessions to schizophrenia-schizothymia. These relations between obsession and schizophrenia give rise to abundant literature. Their links are located at a psychopathological level (“Spaltung,” the defense, slowing down, repairing and recovery from schizophrenia), at a symptomatological level (pedantry-mannerism, schizophrenic autism-closed aspect of the obsessed, their motor disorders-catatonia), or at a clinical level (obsession-schizophrenia association). Obsessions are considered by other authors as personality disorders. Notably by Kretschmer (sensitive reaction) or by Schneider as a psychopathic personality: anancastics, second subgroup of the self uncertain psychopaths. As for the anthropological-existential point of view, it tackles the patient with obsessive disorders in his or her totality and analyses the transcendental constitution of his or her world.

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