Archive for May, 2010

Review – Madness & Modernity: Mental Illness and the Visual Arts in Vienna in 1900

Madness and Modernity: Mental Illness and the Visual Arts in Vienna in 1900 is the catalogue for an exhibition conceived at the Wellcome Collection before showing in Vienna. The exhibition is one of the results of a multi-year research project by the authors of the catalogue, and offers a fresh perspective on Viennese modernism with its interdisciplinary focus on the “two inextricably linked questions about how psychiatry influenced early modernism in the visual arts, and how modernism has since influenced our attitudes to the mentally ill” (9).

The first chapter, by editors Leslie Topp and Gemma Blackshaw, situates their project within its historical and institutional context. They argue that artists and psychiatrists were influenced by each other because both groups were interested in the relationship between mind and body as well as in the idea that modern society was in decline while holding onto the potential for its own salvation. The authors use this argument to explain what they see as Freud’s relative lack of influence on the visual arts in this period. Because Freud studied madness as reflected in the words of his patients rather than their bodies, and because he rejected utopian ideas about reforming society through reforming the built environment, he was evidently out of step with the prevailing concerns of most psychiatrists and artists.

Therefore the authors choose to set Freudian psychoanalysis aside in their description of a psychiatric and artistic mainstream where “the search for and visualization of causes and signs of mental illness in bodily phenomena… fed modernism in painting,” while “the search for and visualization of treatment, coming out of asylum psychiatry fed utopian architecture and design” (29).

The next eight chapters each discuss a specific object or set of objects—doctor Karl Henning’s wax models of the heads of two patients with microcephaly, Oscar Kokoschka and Max Oppenheimer’s portraits of Viennese modernists, Gustav Jagerspracher’s caricature of Peter Altenberg, two essays comparing the Steinhof asylum and the Pukersdorf sanatorium, the artistic output of patient Josef Karl Rädler, Gustav Klimt’s portraits of society women, and finally two ceramic female figures created by Richard Luksch for the Pukersdorf sanatorium.

All of these chapters provide useful background on their subjects, but some also highlight the limitations of the catalogue’s approach, particularly Luke Heighton’s brief essay on the output of Josef Karl Rädler, a patient who began to paint while in the psychiatric hospital at Pilgerhain. Rädler shares neither the modernist concern with the diseased body nor the psychiatrist’s concern with the therapeutic environment, and his paintings are unique in this exhibition. They are characterized by a limited range of subjects elaborated through “abstract geometric and perspectival elements… allowing the viewer either to comprehend more than one scene simultaneously, or breaking a scene up into its constituent parts” (113-116). This is arguably a “modern” gesture, but it does not fit into the catalogue’s definition of modernism. Heighton correctly notes that Rädler’s work confounds our expectations of the art of the mentally ill, but the questions Rädler raises about the patients’ role in the imaging of madness and about alternative ways of thinking through the connection between madness and modernity are not fully explored. Rädler, like Freud, appears as a man out of step with his own time and with the thrust of this catalogue.

The last chapter, by Geoffrey C. Howes, discusses madness in Austrian literature, focusing on the works of Peter Altenberg, Arthur Schnitzler, and Georg Trakl. Given that the rest of the catalogue maintains a tight focus on bodies, institutions, and the visual, this chapter seems out of place. A more specific argument about how writers and artists related to madness differently, possibly including a discussion of Freud, who became influential in literary circles before he became an inspiration for visual artists, would have helped link this essay to the rest of the catalogue.

Overall, this attractive catalogue offers an intriguing, if slightly over-simplified, framework for understanding a formative moment in psychiatry and in Viennese modernism. The catalogue is necessarily focused on how psychiatry influenced the visual arts, but historians of psychiatry will also find points of contact, particularly in the essay about the Pukersdorf Sanatorium and the Steinhof asylum. We can look forward to seeing more of the results of this research project, particularly the unpublished dissertations by contributors Imrie and Heighton and Sabine Wieber’s forthcoming article on nervous women in sanatorium sculpture.

Gemma Blackshaw and Leslie Topp, Madness and modernity : mental illness and the visual arts in Vienna 1900 (Surrey England: Lund Humphries, 2009).  ISBN: 9781848220201.

Lauren Stokes

Vers une réforme du dispositif de soins sous contrainte en France

Le 5 mai dernier la ministre de la santé française Roselyne Bachelot a présenté en conseil des ministres un projet de réforme de la loi du 30 juin 1990 sur l’hospitalisation sous contrainte, qui pourrait être discuté au Parlement à l’automne. Si les velléités réformatrices n’ont pas manqué depuis qu’existe un dispositif de contrainte en psychiatrie en France, l’événement tient aujourd’hui à deux choses, que les mois qui viennent devront confirmer : d’une part au caractère plus abouti que jamais du projet : alors que l’on ne compte plus les commissions qui ont réfléchi aux manières de faire évoluer la loi y compris au cours des vingt dernières années, c’est la première fois depuis 1990 et la deuxième depuis 1945 qu’un projet est allé aussi loin dans le parcours législatif ; d’autre part au fait que s’il aboutit, le changement introduit dans le dispositif sera probablement le plus significatif que celui-ci aura connu depuis plus d’un siècle.

L’innovation introduite dans le projet porte en effet essentiellement sur un point, mais il est de taille puisqu’il concerne l’objet même de la contrainte. Comme la plupart des législations occidentales, la loi de 1990, reprenant les grandes lignes de la loi fondatrice du système psychiatrique français en 1838, est une loi d’internement ou d’hospitalisation sous contrainte. La contrainte y prend la forme d’une restriction de la liberté d’aller et venir, d’une collocation à un lieu clos, peut s’exercer une surveillance continue sur la personne, avec les multiples significations que revêt cette surveillance – protection de la personne contre elle-même, protection de la personne contre la société, protection de la société contre la personne, protection en particulier de la famille. Le projet qui circule redéfinit cette contrainte pour en faire une contrainte au soin, sans comporter nécessairement de restriction aux libertés d’aller et venir et indépendamment du lieu où ce soin est dispensé – hôpital, hôpital de jour, consultation privée. La loi ne définissant évidemment pas le contenu du soin, du ressort des professionnels, c’est, profondément, l’organisation ou l’encadrement de la relation médecin malade par l’autorité publique qui est en jeu : en fin de compte c’est à une sorte de parrainage ou de chaperonnage au caractère éventuellement coercitif que l’on a affaire.

Dans ses grandes lignes, le projet de loi reprend en fait les préconisations d’un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales de 2005. Si ce dernier était passé relativement inaperçu, le texte actuel suscite depuis début avril abondance de débats et de réactions dans les milieux psychiatriques. Les associations professionnelles ont pour certaines d’entre elles critiqué ses dispositions : c’est en particulier le cas des praticiens hospitaliers et des personnels des secteurs, qui ont souligné le risque d’une dérive sécuritaire en pointant l’allègement de certains des contrôles du dispositif et d’autant de garanties pour les libertés civiles – et en critiquant par ailleurs le contexte d’élaboration de ce projet, à la suite d’un discours du président de la République Nicolas Sarkozy en 2008, à teneur de fait hautement sécuritaire. Les deux principales associations d’usagers de la psychiatrie en France, l’UNAFAM, représentant les familles, et la FNAP-Psy pour les patients eux-mêmes, ont à l’inverse plutôt favorablement accueilli le projet, qui leur paraît susceptible de garantir de meilleures conditions de traitement. Dans l’ensemble le texte ne paraît cependant pas avoir soulevé la même indignation que de précédentes initiatives – et en particulier une tentative de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, de modifier le dispositif dans une loi de sécurité intérieure en 2006.

Si l’on tente de s’extraire de ces débats, la signification historique de ce projet et l’interprétation de ces débats peut probablement être analysée à deux niveaux différents, à partir de deux perspectives chronologiques :

1. La première correspond à une perspective de longue durée. En matière de soins sous contrainte, la France hérite globalement du dispositif créé en 1838 par les fondateurs de la psychiatrie moderne. Cela ne signifie cependant pas que le dispositif ou que la loi de 1838 soient restés globalement tels qu’ils avaient été pensés ou planifiés par leurs créateurs au XIXe siècle. En plus d’un siècle et demi l’un et l’autre ont largement changé de signification et de nature, même si la lettre de la loi est en apparence restée peu ou prou la même. La loi de 1838 organisait en effet l’assistance psychiatrique : elle créait un statut pour des personnes assignées à l’asile. C’est vers la réforme de ce statut que se sont dirigé les efforts des principaux réformateurs de la psychiatrie durant une bonne partie des XIXe et XXe siècle, avant que dans la seconde moitié du XXe siècle le dispositif n’évolue de manière pragmatique : d’abord par la généralisation progressive des hospitalisations psychiatriques sans contrainte, ensuite par la réforme du dispositif de tutelle et enfin par l’alignement du statut des hôpitaux psychiatriques et de leurs personnels sur celui des hôpitaux généraux. De sorte que ne reste plus aujourd’hui de la loi de 1838 qu’un noyau, le dispositif de contrainte, délié des autres aspects du texte initial, et notamment de la protection de la personne.

Cela permet de comprendre et de situer la nouveauté et l’originalité de l’évolution suggérée par le projet. Elargir la palette des possibilités de contrainte n’est certes pas une nouveauté. En 1945, dans ce qui fut probablement la dernière tentative de repenser dans son ensemble le dispositif de 1838 dans l’ensemble de ses dimensions, un groupe de psychiatres avaient proposé d’élargir les modes de placement à d’autres formules que l’hospitalisation dans un asile, tels par exemple que le placement familial, les colonies agricoles. Mais précisément leur projet consistait en l’organisation d’un placement, d’une forme d’assistance, c’est-à-dire, pour reprendre une expression de l’un de ces psychiatres, de l’aménagement des conditions de vie les mieux à même de permettre à la personne de développer un niveau de fonctionnement optimal. Et en ce sens, la proposition s’inscrivait dans le cadre d’une psychiatrie sociale qui insistait sur le rôle thérapeutique du milieu.

A cet égard, l’idée que la contrainte puisse porter sur les soins même suppose une conception renouvelée de l’intervention psychiatrique, de ses moyens comme de ses fins, qui renvoie de toute évidence aux manières dont la biomédecine contemporaine produit et agit sur ses entités, et singulièrement aux innovations pharmaceutiques : c’est précisément cela que veulent dire les acteurs lorsqu’ils soulignent qu’il s’agit de mettre le droit en conformité avec les pratiques. Encore cette approche n’estelle pas non plus d’une radicale nouveauté : la notion de soins sous contrainte a en effet été introduite il y a plus d’un demi siècle pour une catégorie spécifique – les alcooliques dangereux – avant d’être mobilisée d’autres populations présentant un profil proche les toxicomanes dans les années 1970, plus récemment les délinquants sexuels. La généralisation à l’ensemble des clientèles de la psychiatrie marque en ce sens certes une étape supplémentaire mais pas une redéfinition en profondeur du droit. Elle signale toutefois de façon symbolique le passage vers un autre régime de contrôle social de la maladie mentale ou de biomédicalisation de la société, qu’une analyse foucaldienne pourrait qualifier de société de contrôle ou de politique de la vie elle-même. Notons toutefois que cette évolution n’est pas exclusive du maintien de formes de contrôle social ressortant aux disciplines et à la réclusion : la rétention de sûreté introduite dans le droit français en 2008, qui permet de maintenir dans une structure fermé un délinquant pour une durée indéterminée après qu’il eut purgé sa peine en cas de risque de récidive, suggère que l’on n’a pas abandonné les approches les plus traditionnelles de la notion de dangerosité.

Cela peut au demeurant expliquer en partie l’opposition des professionnels. En remettant en cause l’institution comme lieu d’élection du soin psychiatrique, le projet touche à un aspect central des manières dont la psychiatrie française a construit ses pratiques depuis l’après guerre. Cela pose plus largement une question importante : celle du sens de l’hospitalisation psychiatrique aujourd’hui. Si le soin peut se passer de l’hospitalisation, quelle est la fonction de celle-ci, quelle est sa valeur ajoutée, si ce n’est la possibilité de contrôle et de surveillance continue.

2. Le deuxième niveau d’analyse porte sur la conjoncture actuelle et les raisons qui expliquent que le projet soit effectivement en passe d’aboutir. De ce point de vue l’aspect le plus spectaculaire du texte en circulation est qu’il ne tranche pas les débats qui étaient au cœur des discussions sur la loi du 30 juin 1990 jusqu’au début des années 2000. Le projet introduit certes une période de 72 heures préalable à la décision de mettre en branle la contrainte, qui rappelle un dispositif proposé en 1997 par la commission Strohl chargée d’évaluer les effets de la loi de 1990. Mais ce rapprochement n’est qu’apparent : puisque dans les propositions de 1997 la période était un sas nécessaire pour une personne amenée sans certificat aux urgences, qui pouvait être maintenue contre son gré et à l’issue de laquelle la décision intervenait comme un jugement. On se rapprochait ainsi du dispositif nord américain. Ici la demande d’hospitalisation, sous la forme d’un formulaire rempli par un tiers ou par l’autorité publique et d’un certificat médical, reste préalable à cette période d’observation et de façon plus générale l’équilibre entre intervention médicale et position administrative reste inchangé : l’obligation de soin est mise en œuvre sous le contrôle des représentants de l’Etat, sous l’impulsion conjointe des praticiens et d’un tiers ; ceux-ci initient la mesure, qui les met dans un second temps sous le contrôle de l’autorité publique. En regard d’une autre proposition portée notamment par le rapport Piel Roelandt de 2001 de déspécifier la loi pour en faire une loi générale de traitement sous contrainte qui ne se limite pas au cas de la psychiatrie, là encore le projet actuel adopte une position que l’on pourrait qualifier de conservatrice puisque les motifs des soins sous contrainte restent fondamentalement les mêmes.

Ce pas de côté pourrait s’expliquer par le rôle nouveau que jouent les associations d’usagers dans l’élaboration et l’animation des politiques publiques en psychiatrie en France, et de façon plus générale l’importance politique qu’elles ont prise depuis une dizaine d’années. On est frappé en effet par le fait que nombre des dispositions du projet reprennent des préoccupations historiques des familles, qu’il s’agisse du problème de l’accessibilité des services ou de la question du tiers demandeur, pour lequel le projet propose d’alléger les contraintes. En ce sens ce projet pourrait être une illustration de plus, après la reconnaissance et la mise en œuvre d’un nouvel ensemble de politiques publiques autour de la notion de « handicap psychique » en 2005, du nouveau régime de production de la santé mentale dans lequel est entré le pays.

Il est trop tôt pour savoir ce qu’il adviendra du projet. La poursuite du processus législatif dépendra à la fois de la volonté du gouvernement de donner à ce texte une priorité suffisante pour l’inscrire sur l’agenda du parlement et de la mobilisation que ses opposants sauront susciter parmi les parlementaires. La procédure pourrait par ailleurs être retardé par la masse de problèmes qui pourront être associé au projet – on parle ces jours-ci de réformer le dispositif encadrant l’irresponsabilité pénale. On peut cependant penser qu’il a une chance d’aller à son terme, dans quel cas il conviendra d’être attentif à l’interprétation qui lui sera donné par les acteurs sur le terrain.


Nicolas Henckes

post-doctorant CERMES3 (Villejuif, France)

henckes@vjf.cnrs.fr

Gender and the History of Integrated Wards

Coverage of some recent violent attacks on female patients in mental health facilities in Milwaukee County in the U.S., prompted a medical journalist to contact me with an interesting set of questions – ones for which I had no ready answers.  Perhaps, some readers and subscribers of H-Madness have some thoughts on the subject.  When did mixed-gender wards and units begin to emerge in psychiatric facilities?  How widespread have these historically been?  Were they the results of institutional pressures in the wake of de-institutionalization?  Were they a function of changing ideas about reintegrating institutional patients in society following World War II?  Or do they have a longer history?

Exhibition – Scènes de la psychiatrie ordinaire

Scènes de la psychiatrie ordinaire est une exposition virtuelle qui retrace deux siècles d’histoire de la psychiatrie à partir des fonds d’archives d’une institution psychiatrique provinciale française. Comment exposer cette histoire ? Celle-ci ne tient pas à grand-chose dans l’ordre de l’observable. La production d’images y est interdite. Les reportages photographiques qui figurent l’hôpital psychiatrique laissent à peine deviner, au détour de ces longs couloirs, la présence de patients et d’infirmiers. L’écrit pléthorique des dossiers de patients est une mine dans laquelle il est aisé de se perdre. Les scènes de la psychiatrie ordinaire se déploient donc à partir de l’archive a priori la plus insignifiante, des traces de pratiques oubliées. Parmi les documents exposés, on trouvera notamment des extraits de plusieurs films tournés en 16 mm dans l’enceinte de l’hôpital psychiatrique dans les années 1950 ainsi qu’un ensemble d’entretiens avec les soignants présents dans l’institution entre 1950 et 1980. Ce matériau laisse entrevoir des scènes oubliées : voir ici un exemple surprenant. L’exposition est découpée en six grandes parties :

1- Image interdite, parole pléthorique, archives de l’ordinaire
2- Lieux et pratiques du XIXe siècle
3- Communauté et ségrégations
4- Réformes
5- La psychiatrie de 1960 à nos jours
6- Représentations de l’institution

La construction de l’épidémiologie psychiatrique. Histoire et épistémologie d’une discipline internationale

JEUDI 3 JUIN 2010, 9h – 17 h

Intervenants: Allan V. Horwitz et Gerald M. Grob, Rutgers University, États-Unis (“The Checkered History of American Psychiatric Epidemiology”); Nicolas Henckes, CERMES3 (“Mistrust in numbers: the difficult development of French psychiatric epidemiology in the post-war period”); Anne M. Lovell, Inserm/CERMES3-CESAMES (“Histories of psychiatric epidemiology beyond the local: from internal to external narratives”). Discutants: George Weisz, McGill University, Canada; Luc Berlivet, Cnrs/CERMES3-CERMES et École de Rome, Italie.

VENDREDI 4 JUIN 2010, 9h – 17h

Intervenants : Gerald Oppenheimer, CUNY et Columbia University, États-Unis et Dana March, NIMH et Columbia University, États-Unis (“Defining Disorder and Ordering Definitions: Psychiatric Epidemiology and Nosologies in the United States”); Nancy Campbell, Rennsallaer Polytechnic University, États-Unis (“The Spirit of St. Louis: Addiction Research and Psychiatric Epidemiology”); Allan Young, McGill University, Canada et Naomi Breslau, Michigan State University, États-Unis (“Epidemiology makes history: a century of trauma”). Discutants: Anne Hardy, University College of London, Royaume-Uni; Simon Wessely, King’s College of London

SAMEDI 5 JUIN 2010, 9h30 – 13h

Synthèse et tables rondes avec: Tim Thornton, University of Central Lancashire, Royaume-Uni; Élodie Giroux, Université Lyon 3; Jean-Paul Gaudillière, Inserm/CERMES3; Ilana Lowy, Inserm/CERMES3-CERMES; Steeves Demazeux, Doctorant, IHPST et Sorbonne ; Pierre-Henri Castel, CNRS/CERMES3-CESAMES; Anne M. Lovell, Gerald Oppenheimer, Dana March.

Le colloque est gratuit. Merci de se pré-inscrire avant le 29 mai auprès de demazeux@gmail.com. Les communications seront en anglais et en français.

h-madness: blog of the month april 2010

The German-speaking blog hist/net selected h-madness as blog of the month april 2010.

Review – Treating the Trauma of the Great War – Soldiers, Civilians and Psychiatrists in France, 1914-1940

The social, political and cultural significance of shell shock, or war hysteria, in the First World War has been expertly analyzed by historians dealing with Britain and Germany.[1] However, except for Marc Roudebush’s pioneering work, there has not been a major study of the history of psychological trauma in France.[2] Historian Gregory Thomas attempts to solve this with an exhaustively researched work that does more than just fill this gap in scholarship. Thomas’ study successfully provides new insights into the history of mental illness from the perspectives of both doctors and war victims, including men and women, and the legacy of mental trauma long after 1918. His book is a model for how to integrate the history of shell shock’s impact on medical debates over the origins and treatment of this illness with the history of ordinary individual’s responses to these complex and long-term wounds.

Thomas’ central argument is that the project of healing mental trauma played a key role in reforming France’s health care and welfare system for the mentally ill. As doctors sought to understand the psychological impact of the war, they were influenced by three intertwining factors: serving a state at war, healing a nation in crisis, and asserting their medical expertise and professional authority. These aims directly influenced their medical conclusions about the origins, nature and paths for treating psychological trauma, and they were inclined to view traumatized soldiers and civilians as conscious or unconscious shirkers. One of the most interesting aspects of Thomas’ argument is that although French doctors were, similar to their counterparts in Germany and Britain, inclined to denounce war ‘hysterics’ as ‘malingerers,’ psychiatrists also played an instrumental role in spearheading sweeping reforms in pensions and health care. On the surface, Thomas convincingly argues, the war did not alter psychiatric theory, as there was more continuity than change in perceptions of the mentally ill as social outsiders. But the war did alter psychiatric practice, making mental medicine accessible for the masses as the prison-like asylum system gave way to open door health care services that benefited a diverse population of the ‘living dead’ who struggled in postwar society.

Thomas’ book is well-organized, with chapters that move through events chronologically while examining the symbiotic relationships between doctors and their patients. In chapter one, Thomas analyzes the flashpoint of ‘hysteria,’ or what was often described as ‘mental confusion’ or ‘commotion’ illness, in the terrifying experience of the modern industrial warfare. As doctors debated the origins of psychological wounds and paths of treatment, they were strongly influenced by their cultural environment. Though they were eager to prove the superiority of French over German psychiatry, French doctors were quite similar to their German counterparts: they were highly nationalistic and saw the war as an opportunity to weed out the weak and ‘degenerate’ from the psychologically healthy. Closely aligned with the military, psychiatrists’ main goal was to return men to battle, and they opted for shock and suggestion therapy as the best means to this aim. Doctors imposed their own assumptions and alleged that these men, especially those from the working class or ‘other’ ethnic groups, were predisposed to illness and malingering. At the same time, doctors were concerned about the possibility of a ‘hysteria’ diagnosis stigmatizing men as unmanly, and were eager to prevent the perception that there was a wider crisis of masculinity in French culture. Overall, psychiatrists’ main concern was asserting their professional goals and authority. Using case studies Thomas demonstrates that doctors had little patience for investigating the complex nuances of traumatic injuries, or listening to soldiers who insisted that the main culprit for their problems was the war experience.

In chapters two and three, Thomas turns to mental illness on the home front and the foundations for legislative and health care reforms in the immediate postwar period. Thomas places Great War psychiatrists in the larger historical context of French doctors who analyzed connections between national upheaval and mental illness since the 18th century. Doctors long-believed that heightened passions triggered symptoms of psychological illness in predisposed, ‘weak’ civilians, and psychiatrists in 1914-1918 were no exception. However, while psychiatrists reassured themselves and the public that there was no significant spike in insanity on the home front, they admitted that the war stirred strong ‘emotions’ that triggered a wide range of mental illness. With the end of the war, intersecting interests created the perfect environment for reforming pensions and health care for veterans, and ultimately the mentally ill as a whole. Traumatized veterans demanded health care, legislators were eager to prove their patriotic support for returning soldiers, and the public sentiment was behind compensation for war heroes. Psychiatrists, however, fought the liberal legislative proposals, which guaranteed compensation for all mentally ill veterans regardless of pre-existing or war-induced causes. Similar to most politicians, doctors wanted to speed demobilization and clear out the hospitals, but they also wanted to weed out ‘malingerers’ and chronic neurotics. Advocates for the mentally ill eventually won over the majority of parliamentarians with patriotic pleas for reparation. When the law was enacted in 1919, burden of proof regarding the origins of injury shifted to from soldiers to the state. Doctors mobilized to modify the law to shift the burden of proof back to soldiers. By the early 1920s, doctors got their way, as they asserted themselves at the bureaucratic level and saved the state money by weeding out ‘hysterical’ men and women whose symptoms were allegedly not war-related.

In the midst of these battles between psychiatrists and patients, broader health care reforms unfolded that ultimately benefited France’s ‘living dead.’ In chapters four and five, Thomas examines the stories of war victims to highlight the development of an ‘open door’ system of care that had a more positive impact on the mentally ill than the bureaucratically tangled 1919 reform law. Despite parliamentarians’ patriotic rhetoric, few were willing to allocate resources to the often stigmatized, destitute ‘human wrecks’ who languished in asylums were cut off from families. However, by the late 1920s and 1930s, doctors spearheaded the creation of open health services for any mentally ill French citizens, which enabled traumatized soldiers to seek affordable care in public clinics without being subjected to dehumanizing bureaucracy, stigmatization, or neglect in asylums. Originally intended to solve the administrative burden of coping with an overwhelming number of shattered civilians and soldiers, as well as the economic costs of hospitalization and asylums, the open services system revolutionized psychiatry, marking the end of the custodial asylum and replacing it with a modern psychiatric model that especially helped mildly troubled individuals who could not afford private assistance. According to Thomas, the psychiatric profession continued to stigmatize, all the way to the brink of the next war, psychologically ill men and women as predisposed, chronic neurotics. However, new health care practices made it easier for citizens to take control of their own health and seek assistance in a setting that where the treatment itself had become less traumatic.

Thomas’ study utilizes an impressive range archival research, including medical journals, hospital records, and letters by war victims. Effectively balancing the stories of both doctors and their patients, Thomas constructs a compelling, convincingly argued narrative driven by case studies that give us a fascinating glimpse into the experiences of ordinary French soldiers and civilians. At the same time, there is one area of Thomas’ analysis that could be developed. Promising to provide a cultural, as well as medical and political, history of traumatic neurosis, Thomas generally neglects the issue of gender as a factor that shaped perceptions of soldiers who broke down in combat. Especially since Thomas mentions briefly that the hysteria diagnosis challenged patients’ masculinity, this topic could have been further explored in light of extensive scholarship that points to the central importance of shell shock in medical and societal debates over manliness and the legacy of the war. How did physically disabled veterans perceive ‘war hysterics’? Did this ‘unmanly’ stigma, in addition to other social and economic factors explored by Thomas, affect the experiences of traumatized men in work, family life and politics? Despite these lingering questions, Thomas successfully makes a vital contribution to the field, providing scholars with a long-awaited, substantial study of the French experience with shell shock. With his insightful analysis of the politics of health care and social welfare for the mentally ill, his work should appeal to specialists in the history of psychiatry, experts in the social and cultural history of medicine, and a broader audience of those interested in the changing culture of psychiatry and the experiences of populations devastated by the experience of total war.

[1]See, for example, Paul Lerner, Hysterical Men: War, Psychiatry and the Politics of Trauma in Germany (Ithaca: Cornell University Press, 2003); Peter Leese, Shell Shock: Traumatic Neurosis and British Soldiers of the First World War (New York: Palgrave, 2002).

[2]Marc Roudebush, “A Battle of Nerves: Hysteria and its Treatments in France during World War I,” in Mark Micale and Paul Lerner, eds, Traumatic Pasts: History, Psychiatry and Trauma in the Modern Age, 1870-1930 (Cambridge: Cambridge University Press, 2001).

Jason Crouthamel, History, Grand Valley State University

Gregory Thomas, Treating the trauma of the Great War : soldiers, civilians, and psychiatry in France, 1914-1940 (Baton Rouge: Louisiana State University Press, 2009). ISBN: 9780807134368, 39.95$

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