New Issue – Santé Mentale au Québec

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L’archive psychiatrique – Santé mentale au Québec – Volume XLI, numéro 2, Automne 2016

Dossier coordonné par Marie-Claude Thifault, Isabelle Perreault, Alexandre Klein et Jean Caron

 

 
7 Éditorial – Jean Caron
Numéro thématique L’archive psychiatrique

9 L’archive psychiatrique – Alexandre Klein, Isabelle Perreault et Marie-Claude Thifault

21 À la recherche de l’archive psychiatrique perdue. L’histoire des fonds d’archives d’Alfred Binet (1857-1911)- Alexandre Klein

33 La collection patrimoniale de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal : un trésor à préserver – Christine Bolduc

41 Manque de collaboration, manque d’effectifs ou disparition des données : le nécessaire et difficile accès aux archives psychiatriques- Marie LeBel

51 L’archive iconographique : que nous révèle la culture visuelle des débuts de la psychiatrie française au dix-neuvième siècle ? – Ginette Jubinville

69 Les notes « Observations de l’infirmière » du Département de psychiatrie de l’Hôpital Montfort : une source archivistique incontournable en santé mentale – Sandra Harrisson

83 Les archives psychiatriques : une occasion de saisir l’expérience du patient (Belgique, entre-deux-guerres) – Veerle Massin

101 Des institutions privées d’histoire. Enquête sur les archives d’entreprises capitalistes dédiées à la gestion de la folie (France, 1930-1950) – Hervé Guillemain

119 La bande des six réclame plus de liberté. Délinquants juvéniles internés à Saint-Jean-de-Dieu, milieu 20e siècle – Martin Desmeules et Marie-Claude Thifault

133 Reconstituer une sociabilité savante à partir du fonds d’archives du Centre Hospitalier Henri Ey de Bonneval : réseaux et leurres induits par le travail archivistique – Emmanuel Delille

147 Les archives psychiatriques : des archives pour quelle histoire ? Les papiers de René L. – Philippe Artières

159 La représentation socioculturelle du suicide au Québec au milieu du 20e siècle. Étude de cas – Alexandre Pelletier-Audet

 
Mosaïque

165 Les Pinceaux d’Or : une expérience d’hygiène mentale auprès d’aînés en besoins psychosociaux – Hubert Wallot

177 Mettre à contribution le vécu expérientiel des familles : l’initiative Pair Aidant Famille – Catherine Briand, Rose-Anne St-Paul et Francine Dubé

Revue philosophique : Théodule Ribot

ribotLe dernier numéro de la Revue philosophique (2016/4), dirigé par Jacqueline Carroy, Wolf Feuerhahn, Régine Plas et Thibaud Trochu, est consacré à Théodule Ribot (1839-1916) qui fut le fondateur et le directeur de cette revue.
À distance de toute commémoration, ce volume considère Ribot comme un entrepreneur intellectuel aux activités variées. Il propose d’explorer des facettes actuellement moins connues de ses travaux : introducteur de la médecine mentale comme  des idées et des recherches germaniques et anglo-saxonnes dans la philosophie et la psychologie françaises, Ribot publie sur Schopenhauer, se confronte à Stuart Mill, s’intéresse au sens du corps et à l’affectivité. Sa place centrale comme directeur de revue puis titulaire d’une chaire de psychologie expérimentale et comparée au Collège de France s’inscrit dans le contexte de la transformation profonde du monde universitaire de la IIIe République, de l’affirmation d’une discipline psychologique voulant rompre avec la philosophie spiritualiste comme avec le positivisme, de la reconfiguration des sciences morales et d’une transformation des relations intellectuelles internationales. Ce dossier contient l’édition critique de nombreuses lettres inédites qui dessinent à la fois des autoportraits de Ribot en correspondant et un portrait de la vie académique et culturelle de l’époque. Il est enfin complété par une bibliographie.

Sommaire

Articles

Jacqueline Carroy,  Wolf Feuerhahn,  Régine Plas,  Thibaud Trochu

Les entreprises intellectuelles de Théodule Ribot

Cette introduction présente Ribot comme un « entrepreneur intellectuel », dans le contexte de son époque. Ses différentes carrières et entreprises sont successivement détaillées et analysées. Introducteur en France dans les années 1870 des psychologies anglaises et allemandes, Ribot se présente comme ni positiviste ni spiritualiste. Il se situe au centre de la discipline philosophique en créant la Revue philosophique, qu’il dirige jusqu’à sa mort, en 1916, et qui constitue pour lui un ancrage cardinal. Sans être médecin, il donne à la psychologie française une orientation pathologique dans les années 1880. Après 1890, il entreprend de développer une psychologie de l’affectivité. La réussite institutionnelle de Ribot, qui devient en 1888 professeur au Collège de France, s’accompagne de sa réception par un plus large public, dont témoignent les multiples rééditions et traductions de ses ouvrages.

Ribot et la « demi-métaphysique » de Schopenhauer

À la parution de La Philosophie de Schopenhauer, en 1874, Ribot était déjà connu comme l’auteur de deux ouvrages qui l’avaient situé dans le champ philo­sophique français comme le promoteur d’une psychologie « positive » évolutionniste et un adversaire de toute métaphysique prétendant à la scientificité. Rien ne semblait le prédisposer à s’intéresser à Schopenhauer, dont la philosophie commençait seulement d’être introduite en France. De fait, cet ouvrage surprit les commentateurs, dont les recensions ne furent guère élogieuses. Il apparaît cependant que la lecture de Schopenhauer a incité Ribot à tempérer son credo évolutionniste et qu’elle est une des sources de la psychologie des sentiments qu’il développa à partir du début des années 1890. Ainsi, loin d’être marginale dans l’œuvre de Ribot, sa lecture de Schopenhauer a contribué à l’élaboration de la partie la plus innovante de sa psychologie.

De la Sorbonne au Collège de France, Enjeux du titre des chaires de Ribot

À l’échelle de deux ans, 1885-1887, et à quelques mètres de distance, Ribot voit le titre de ses enseignements modifié : la rue Saint-Jacques traversée, il n’enseigne plus la « psychologie expérimentale », mais la « psychologie expérimentale et comparée ». Ce changement d’allure mineure suscita une importante controverse aux enjeux théoriques, institutionnels et de personnes. L’expression « psychologie comparée » fut au cœur des débats. Charles Lévêque, figure centrale de l’Institut, la mobilisait contre l’évolutionnisme ; Ribot la redéfinit pour en faire un vecteur de son introduction en France. L’ambition méthodologique de cette analyse est de montrer l’intérêt d’enquêter sur les relations entre les dynamiques propres aux lieux de savoirs et le choix des étiquetages savants.

Mill, Ribot et la science du caractère

Infatigable promoteur d’une psychologie « nouvelle », Théodule Ribot a trouvé dans le projet éthologique de John Stuart Mill des arguments confortant sa propre conception de l’architectonique des sciences de l’esprit ; mais cette reprise du programme millien d’une « science des lois de formation du caractère » s’est aussi opérée dans le cadre d’un débat plus général sur les parts respectives de la « nature » et de la « culture » dans la détermination et la manifestation des aptitudes mentales humaines. Comme on le voit de manière exemplaire chez Ribot, cette réception française de l’éthologie s’est distinguée par une focalisation résolue sur les déterminants biologiques du caractère, qui tranche radicalement avec l’« artificialisme » psychologique de Mill et son insistance sur la « pliabilité de la nature humaine ».

Ribot et le « sens du corps »

En mettant le corps, plutôt que la conscience, au centre de l’objet de la psychologie, Ribot s’inscrit dans le prolongement de travaux issus de la physiologie et de la pathologie du xix e siècle pour élaborer la notion de « sens du corps » comme fondement de l’unité du moi. Cette notion devait connaître un important développement au xx e  siècle en psychologie et en psychanalyse.

Jacqueline Carroy

Psychologie des sentiments et mémoire affective. De Ribot à Proust

En 1894, et surtout en 1896 (La Psychologie des sentiments), Ribot baptisa sa nouvelle psychologie « affective ». La poésie symboliste, la musique, l’amour, la sexualité, la nostalgie illustraient ses nouvelles investigations. Il mit en avant un type de mémoire qu’il appela « mémoire affective ». Il supposa l’existence de souvenirs purs, affectifs et corporels et excluant des représentations mentales. Cette nouvelle orientation psychologique était liée à de nouvelles méthodes. Loin de condamner l’introspection, il publia des auto-observations, comme celle du poète Sully-Prudhomme revivant un amour de jeunesse. Le thème de la mémoire affective était sujet à controverse parmi les philosophes et les psychologues, mais il séduisait des amateurs, des critiques littéraires et des romanciers. On peut comprendre ainsi qu’il inspira l’intrigue centrale de La recherche du temps perdu de Proust.

Notes et documents
Wolf Feuerhahn,  Thibaud Trochu

Autoportraits de Théodule Ribot en correspondant

Les correspondances sont mobilisées ici non comme des clés ultimes des œuvres, mais comme des sources éclairant la pluralité des faces du scripteur. En fonction du statut des correspondances, des destinataires, le style n’est pas le même, la présentation de soi comme le contenu varient. La correspondance de Ribot qui a pu être retrouvée manifeste ainsi la pluralité des identités qu’il endosse : avec son ami Espinas, il est pourfendeur du spiritualisme universitaire ; avec l’administration, un professeur qui cherche à échapper à la province ; face à Charles Lévêque, un aspirant ; à Renouvier et Taine, un imitateur ; à Wundt ou James, l’introducteur de la science étrangère ; avec Tarde et Piéron, un faiseur de carrières ; à l’égard de X. Léon, l’aîné distant ; auprès de Lionel Dauriac, le vieil homme et son confident ; avec Bouglé et Lévy-Bruhl, le directeur de revue en quête de contributeurs.

Correspondances de Théodule Ribot

Édition annotée de lettres, pour la plupart inédites, de Ribot à différents correspondants : Célestin Bouglé, Édouard Claparède, Lionel Dauriac, Alfred Espinas, Théodore Flournoy, William James, Xavier Léon, Charles Lévêque, Lucien Lévy-Bruhl, Charles Renouvier, Hippolyte Taine, Gabriel Tarde, Wilhelm Wundt.

Références bibliographiques du fascicule

Pour plus d’informations : https://www.cairn.info/revue-philosophique-2016-4.htm

New Issue – Revue d’histoire de l’enfance “irrégulière”

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The 2016 issue of Revue d’histoire de l’enfance “irrégulière” is dedicated to the history of child psychiatry.

Enjeux d’une spécialité en construction, 1900-1950

Ce volume est consacré au Congrès international de psychiatrie infantile qui s’est tenu à Paris en 1937 au cours de l’exposition internationale. Premier du genre, il est organisé notamment par Georges Heuyer dont l’importance dans le domaine de l’enfance pendant l’entre deux guerres est désormais un fait admis. Ce sera l’occasion de faire le point sur ce personnage aux multiples activités et d’évoquer la documentation qu’il a laissée. Qui dit congrès international dit aussi circulations, échanges entre les participants, enjeux de connaissance et rapports de pouvoir. C’est tout cela que s’efforce d’aborder ce numéro en faisant une large place à différents représentants de plusieurs des pays présents. C’est ainsi que la psychiatrie de l’enfant et son institutionnalisation sera explorée à partir des situations allemande, belge, britannique, italienne, française et suisse… Enfin, ce sera aussi l’occasion d’appréhender les savoirs psychiatriques sur l’enfant en amont comme en aval afin de mieux saisir l’importance de ce congrès, au-delà du fait d’avoir été le premier du genre.

 

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Call for papers – Congrès de la Société Française d’Histoire des Sciences et des Techniques

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Le Cogrès de la SFHST (https://sfhst.hypotheses.org/) aura lieu à l’Université de Strasbourg le 19-20-21 avril 2017. Cette manifestation rassemble tous les 3 ans plus de 200 congressistes pendant 3 jours pour un état des lieux de la discipline « Histoire des sciences et des techniques » en France et en Europe.

Appel à communications pour le symposium : Psychotropes et la construction empirique de la notion de maladie mentale (organisé par Carlos Parada)

Au sortir de la Seconde Guerre la psychiatrie s’interrogeait sur la nature et la validité des catégorisations des troubles mentaux, jamais corroborées par aucun lien anatomo-clinique entre les tableaux dépeints et une chaîne causale vérifiable. Ceci s’accompagna :

– du développement des théories psychiques, comme la psychanalyse ;

– de l’intensification d’une recherche par l’expérimentation de différents moyens thérapeutiques (drogues, psychochirurgies etc.) dès 1945.

En 1952, après toute sorte d’expérimentation s chimiques (LSD, mescaline, amphétamines, narcoanalyse, etc.) furent découverts les effets des dits neuroleptiques. Ces molécules apportèrent deux nouveautés notables, peu soulignées par les historiens :

1 – Jusque-là, tous les traitements psychiatriques se faisaient exclusivement par cure (à l’exception de la lobotomie). Les neuroleptiques introduisirent les traitements à durée indéterminée.

2 – Cet usage à long terme eut une influence considérable aussi bien sur la pratique que sur les représentations de la folie comme maladie mentale par la supposition d’un défaut chimique sensible aux neuroleptiques administrés.

Il s’agit d’analyser et de discuter l’impact de ces outils technologiques sur les notions de maladie mentale, ses polarisations et ses controverses (le tout psychique, le tout social, le tout organique).
Depuis 70 ans la découverte qui de la structure du cerveau, qui de la molécule, qui du gène responsable de la maladie mentale sont régulièrement annoncées. Aujourd’hui, les dites neurosciences prennent le relais des promesses d’élucidation et de soin, avançant encore dans la direction de la naturalisation de la folie qu’il convient de debattre.

Livret complet des symposia du Congrès : https://sfhststras2017.science sconf.org/data/pages/Resume_Sy mposia_CongresSFHST_2019.pdf

Vous pouvez déposer vos abstracts jusqu’au 5 janvier 2017. Le résumé devra être soumis directement sur la plate-forme: http://sfhststras2017.science sconf.org

 

Book announcement – Hearing Voices: The History of Psychiatry in Ireland

 

 

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Hearing Voices: The History of Psychiatry in Ireland is a monumental work by one of Ireland’s leading psychiatrists, encompassing every psychiatric development from the Middle Ages to the present day, and examining the far-reaching social and political effects of Ireland’s troubled relationship with mental illness.

From the “Glen of Lunatics”, said to cure the mentally ill, to the overcrowded asylums of later centuries – with more beds for the mentally ill than any other country in the world – Ireland has a complex, unsettled history in the practice of psychiatry. Kelly’s definitive work examines Ireland’s unique relationship with conceptions of mental ill health throughout the centuries, delving into each medical breakthrough and every misuse of authority – both political and domestic – for those deemed to be mentally ill.

Through fascinating archival records, Kelly writes a crisp and accessible history, evaluating everything from individual case histories to the seismic effects of the First World War, and exploring the attitudes that guided treatments, spanning Brehon Law to the emerging emphasis on human rights. Hearing Voices is a marvel that affords incredible insight into Ireland’s social and medical history while providing powerful observations on our current treatment of mental ill health in Ireland.

Table of Contents

  • Birth of Psychiatry in Ireland
  • The Nineteenth Century: Growth of the Asylums
  • Inside the Asylums
  • The Broader Context: Psychiatry and Society in the 1800s
  • Early Twentieth-Century Psychiatry
  • Reformation and Renewal in the 1900s
  • Decline of the Institution
  • The Twenty-First Century: New Policy, New Law
  • The Future of Psychiatry in Ireland

 

About the Author

Brendan Kelly is Professor of Psychiatry at Trinity College Dublin and Consultant Psychiatrist at Tallaght Hospital, Dublin. He is the author of ‘Ada English: Patriot and Psychiatrist’ (Irish Academic Press, 2014).

For more information, click here.

Found thanks to Historiens de la Santé.

Book announcement – La Folle histoire des idées folles en psychiatrie

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Contradictions, errements, lubies, impasses, sadisations : la psychiatrie, en France et dans le monde, a une histoire qui peut faire peur quand on l’examine de près, car, comme toute discipline médicale, elle a eu du mal à naître.

Au nom de quoi, par exemple, pendant la Grande Guerre, les Poilus recevaient-ils des décharges électriques pour retourner au front ? Comment les psychiatres allemands ont-ils justifié les expériences qu’ils menaient sur les fous pendant le nazisme ? Comment a-t-on pu penser un jour que la malaria pouvait guérir de la psychose ?

Entourés par une dizaine d’experts – des psychiatres principalement mais aussi un hépatologue, un ethnologue et un épistémologue –, Boris Cyrulnik et Patrick Lemoine débattent sur le passé de cette discipline qui a peiné à exister, mais surtout proposent de se concentrer sur la seule question qui vaille pour demain : quelle confiance accorder à la psychiatrie ? Quels garde-fous mettre en place ? Et que serait une société sans psychiatrie ?

Boris Cyrulnik est neuropsychiatre et directeur d’enseignement à l’université de Toulon. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages qui ont tous été des best-sellers, parmi lesquels, tout récemment, Ivres paradis, bonheurs héroïques.

Patrick Lemoine est psychiatre, professeur associé à l’université de Pékin. Il a publié près d’une trentaine d’ouvrages, parmi lesquels Le Mystère du placebo.

Avec Philippe Brenot, Patrick Clervoy, Philippe Courtet, Saïda Douki Dedieu, Serge Erlinger, André Giordan, Jacques Hochmann, Hager Karray, Pierre Lamothe, François Lupu.

Journée d’étude : « L’expérience vécue du patient » : sens et implications pratiques (Paris, 6 décembre 2016)

journee_d_etude_lexperience_vecue_du_pat-1« L’expérience vécue du patient » : sens et implications pratiques

“Patient’s lived experience”: what it means and what it implies

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RÉSUMÉ

Cette journée d’étude s’inscrit dans le projet ANR Normastim : « Les neurosciences de l’expérimentation à la clinique – Enjeux juridiques, philosophiques et sociologiques de la stimulation cérébrale profonde » (ANR 14 CE30-0016-01). Elle propose une réflexion interdisciplinaire fondée sur des approches philosophique, sociologique, anthropologique, médicale et soignante sur le sens et les implications de l’attention portée à l’expérience vécue du patient.

Journée d’étude internationale, Université Paris Diderot, SPHERE (UMR 7219)

Présentation

Cette journée d’étude s’inscrit dans le projet ANR Normastim : « Les neurosciences de l’expérimentation à la clinique – Enjeux juridiques, philosophiques et sociologiques de la stimulation cérébrale profonde » (ANR 14 CE30-0016-01).

Elle propose une réflexion interdisciplinaire fondée sur des approches philosophique, sociologique, anthropologique, médicale et soignante sur le sens et les implications de l’attention portée à l’expérience vécue du patient.

L’idée selon laquelle il convient de tenir compte l’expérience vécue du patient fait l’objet d’une élaboration importante, normative et critique, depuis quelques décennies dans le contexte d’une forte augmentation des maladies chroniques.

L’idée d’une prise en compte de l’expérience vécue du patient s’est nourrie de divers témoignages qui ont cherché à mettre en évidence les conséquences de ces maladies au quotidien sur la vie des personnes. Elle est tout à fait distincte de l’idée d’une participation du patient à sa prise en charge. Elle a acquis une valeur normative dans plusieurs travaux qui cherchent à en tirer les conséquences sur les « bonnes formes » de soin : notamment pour indiquer que le patient demeure « une personne » par-delà sa maladie et pour mettre en avant les altérations des modes de vie et des possibilités d’action et de projet offertes à la personne, suscitées par la maladie

En prenant pour point de départ ce discours sur l’expérience vécue d’un patient, la journée d’étude a pour premier objectif d’explorer sa signification pour les personnes atteintes de pathologies prises en charge par stimulation cérébrale profonde, et d’en analyser les éventuelles spécificités.

La journée d’étude vise aussi à ouvrir la réflexion à un questionnement moins exploré à ce jour sur l’expérience vécue du patient : lorsque celui-ci est pris en charge, celle-ci peut-elle consister dans une forme de retour à une vie (plus ou moins) ordinaire ? Les équipes médicales sont-elles « intéressées » de façon directe à ce retour ? Pour quelles raisons s’intéresseraient-elles à cette vie ordinaire du patient ? La journée se propose d’aborder ces questions sur un mode comparatif, en intégrant des réflexions au sujet d’autres contextes thérapeutiques que celui de la stimulation cérébrale profonde.

Conception scientifique

  • Sonia DESMOULIN-CANSELIER, chargée de recherche en droit, Droit et Changement Social, UMR 6297, CNRS-Université de Nantes
  • Marie GAILLE, directrice de recherche en philosophie, SPHERE, UMR 7219, CNRS-Université Paris Diderot
  • Baptiste MOUTAUD, chargé de recherche en anthropologie, LESC, UMR 7186, CNRS-Université Paris Lumières

Programme

9:00 – 9:30 Accueil

Matinée : 9:30 – 13:00

Présidents de séance : Céline CHERICI et Philippe DAMIER

Introduction

  • Marie GAILLE , Ce que soigner une maladie chronique veut dire : quelle alliance entre médecine et « humanités » ?
  • Elsa GISQUET (sociologue, chercheure au CSO, CNRS-Sciences Po), Cerebral implants and Parkinson’s disease : A unique form of biographical disruption ?
  • Marilena PATERAKI (historienne des sciences, doctorante, département de philosophie et d’histoire des sciences, National and Kapodistrian University of Athens), Experiencing DBS in Greece : Parkinson’s Disease temporality and patients’ contradictory voices
  • Mathilde LANCELOT ( philosophe, doctorante, SPHERE, UMR 7219, CNRS-Université Paris Diderot), Peut-on parler de « soin » en neurologie ? Application au sujet parkinsonien.
  • Baptiste MOUTAUDSCP et expérience vécu du malade : que peut-on retirer de la comparaison entre neurologie et psychiatrie ?

Après-midi : 14:00 – 17:30

Présidents de séance : Céline CHERICI et Philippe DAMIER

  • John GARDNER (sociologue, Research Fellow SATSU, York University), Deep brain stimulation in children : the institutionalization of biopsychosocial explanatory models of disease ?
  • Stéphanie FRANÇOIS (psychologue clinicienne, service de neurologie, CHU Nantes), La perception de soi dans le miroir de la neurostimulation en neurologie.
  • Marie-Laure WELTER (neurologue, Hôpital de La Pitié-Salpêtrière, coordinatrice du LabCom Brain e-novation, Institut du Cerveau et de la Moëlle épinière)), Eviter la désadaptation sociale chez les patients parkinsoniens après stimulation cérébrale profonde : une étude pilote de programme psychoéducatif
  • Julie HENRY (philosophe, chercheure-assistante au Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard, associée à SPHERE), Voir la personne derrière la pathologie : d’une norme à sa mise en pratique.

Discussion générale et conclusion

Organisation

Nad Fachard, Laurent Lemoine, Patricia Philippe, Virginie Maouchi, (CNRS, SPHERE), avec l’aide d’Alice Quercy

Informations pratiques

Université Paris Diderot, bâtiment Condorcet,

10, rue Alice Domon et Leonie Duquet, 75013 Paris – plan d’accès

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