Posts Tagged ‘ France ’

New issue – History of Psychiatry

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The second issue of 2017 of History of Psychiatry is now available and could be of interest to H-madness readers. The issue includes the following articles:

Philippe Huneman, From a religious view of madness to religious mania: the Encyclopédie, Pinel, Esquirol.

This paper focuses on the shift from a concept of insanity understood in terms of religion to another (as entertained by early psychiatry, especially in France) according to which it is believed that forms of madness tinged by religion are difficult to cure. The traditional religious view of madness, as exemplified by Pascal (inter alia), is first illustrated by entries from the Encyclopédie. Then the shift towards a medical view of madness, inspired by Vitalistic physiology, is mapped by entries taken from the same publication. Firmed up by Pinel, this shift caused the abandonment of the religious view. Esquirol considered religious mania to be a vestige from the past, but he also believed that mental conditions carrying a religious component were difficult to cure.

The debate on the causes and the nature of pellagra in Italy during the nineteenth century resembles and evokes the similar debate on General Paralysis of the Insane (GPI) that was growing at the same time in the United Kingdom. Pellagra and GPI had a massive and virulent impact on the populations of Italy and the UK, respectively, and contributed to a great extent to the increase and overcrowding of the asylum populations in these countries. This article compares the two illnesses by examining the features of their nosographic positioning, aetiology and pathogenesis. It also documents how doctors arrived at the diagnoses of the two diseases and how this affected their treatment.

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Projection – Quand la Guerre rend fou

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La Société d’Etudes et de recherches Historiques en Psychiatrie et sa présidente, Agnès Bertomeu ont l’honneur de vous inviter à une projection exceptionnelle de

« Quand la Guerre rend fou »

Documentaire réalisé par Gregory Laville et Jean-Yves Le Naour avec la contribution de la SERHEP

En présence de M. Louis Crocq

Samedi 22 novembre 16h30

Auditorium Médiathèque Saint-Exupéry

100, avenue du 8 mai 1945 à Neuilly sur Marne

Près de la place des Victoires, quartier des Fauvettes, bus 127 ou 113.

Entrée Libre

Louis Crocq : Médecin militaire de 1947 à 1987 (Algérie métropole, Val-de-Grâce, Bordeaux et Lyon) ensuite affecté aux services de recherche du Service de Santé des Armées, et à la Direction des Recherches, Etudes et Techniques ; puis médecin général consultant en psychosociologie au Secrétariat Général de la Défense Nationale à Paris.

Professeur associé (psychologie pathologique) à l’Université René Descartes (Paris V), jusqu’en 1995, il coordonne encore l’enseignement de deux diplômes d’université sur le stress et le traumatisme psychique. En 1995, au lendemain de l’attentat terroriste de la station de RER Saint-Michel à Paris, Louis Crocq est chargé par le Président de la République Jacques Chirac et le Ministre de l’Action humanitaire d’Urgence Xavier Emmanuelli de créer le réseau national des cellules d’urgence médico-psychologiques sur les 100 départements du territoire français. Actuellement président du Comité national de l’urgence médico-psychologique, Coordinateur scientifique du réseau euro-méditerranéen « CHILD TRAUMA NETWORK » pour le soutien psychologique des enfants traumatisés (action soutenue par la Commission Européenne, 2005-2006). Nommé consultant en février 2006 auprès de l’ONU (UNDSS consultative working group on stress management). Il est membre de l’International Society for Traumatic Stress Studies, et de l’European Society for Traumatic Stress Studies.

Call for Papers – Les 150 ans du CH Sainte-Anne

Screenshot from 2014-10-21 17:52:08Dans le cadre de la commémoration de ses 150 ans d’existence en 2017, le CH Sainte Anne réalise un ouvrage scientifique et mémoriel sur son histoire.

Un appel à contributions scientifiques est lancé, selon la méthodologie et le contexte à télécharger ci-dessous : les réponses sont attendues d’ici le 10 décembre 2014.

Résumé

À l’occasion des 150 ans du Centre Hospitalier Sainte-Anne (1867-2017), la direction de l’établissement souhaite commémorer l’évènement à travers la publication d’un ouvrage retraçant son histoire. De Valentin Magnan adepte du no-restraint à Jean Delay et la démocratisation des neuroleptiques, en passant par Benjamin Ball et la chaire de clinique des maladies mentales et de l’encéphale, Édouard Toulouse et l’apparition de la consultation ambulatoire ou Jean Talairach et la neurochirurgie stéréotaxique, le Centre Hospitalier Sainte-Anne s’est toujours imposé comme un précurseur dans le domaine de la Psychiatrie et des Neurosciences. Cette histoire ouvre de multiples perspectives pour comprendre et analyser l’évolution de la psychiatrie et des neurosciences à l’échelle d’un établissement mais aussi à l’échelle de la société du milieu du XIXe siècle jusqu’au début du XXIe siècle. Cet ouvrage se veut également résolument pluridisciplinaire et propose de mettre en regard la vie interne à l’établissement, les grandes avancées scientifiques, l’émergence des neurosciences, l’adaptation aux politiques de santé mentale ou encore le désenclavement progressif de l’institution psychiatrique.

Argumentaire

Le Centre Hospitalier Sainte-Anne fêtera ses 150 ans en 2017. Ces dernières années, un grand intérêt s’est manifesté à l’égard de son histoire, tant par les professionnels qui y travaillent ou y travaillaient que par les historiens. Cependant, il n’existe pas d’ouvrage de référence sur l’histoire de l’établissement. La proximité de l’anniversaire des 150 ans de l’inauguration de l’hôpital en 2017 ainsi que l’expérience acquise dans la publication d’ouvrages professionnels rédigés par des équipes « saintanniennes » ont conduit le Pôle formation du Centre Hospitalier Sainte-Anne à proposer la réalisation d’un ouvrage sur l’histoire de l’établissement entre 1867 et 2017. Mais il ne s’agit pas uniquement d’axer cette réflexion sur les évènements « saintanniens » du passé. En optant pour une chronologie allant jusqu’à nos jours, les membres du comité de pilotage du projet souhaitent en effet relier les problématiques du passé à celles des temps actuels.
Fondé en 1867, l’Asile Sainte-Anne (1867-1936), puis hôpital psychiatrique Sainte-Anne (1937-1943), puis centre psychiatrique Sainte-Anne (1944-1973), puis centre hospitalier Sainte-Anne (1974–), possède une histoire riche et singulière. Il est aujourd’hui une institution fondamentale de la vie économique, sociale, médicale et culturelle dans la cité. Son rayonnement s’est en effet affirmé au gré des époques jusqu’à devenir un pôle de référence en Psychiatrie et en Neurosciences. Hôpital public de notoriété internationale principalement orienté vers les maladies du cerveau, le Centre hospitalier Sainte-Anne développe à présent de nouvelles synergies autour de ses pôles d’excellence.

Si l’une de ses premières fonctions au milieu du XIXe siècle a été d’enfermer les fous, son évolution au cours du XXe siècle et la volonté de « déstigmatiser » la folie en ont fait une institution spécifique. Entre enfermer et soigner, le Centre Hospitalier Sainte-Anne a ainsi joué un rôle de coordination de première importance pour les autres établissements d’Ile-de-France, via le bureau d’admission et le centre psychiatrique d’orientation et d’accueil. De Valentin Magnan adepte du no-restraint à Jean Delay et la démocratisation des neuroleptiques, en passant par Benjamin Ball et la chaire de clinique des maladies mentales et de l’encéphale, Edouard Toulouse et l’apparition de la consultation ambulatoire ou Jean Talairach et la neurochirurgie stéréotaxique, le Centre Hospitalier Sainte-Anne s’est toujours imposé comme un précurseur dans le domaine de la Psychiatrie et des Neurosciences.

Au travers de contributions scientifiques, de témoignages et de portraits, l’ouvrage appréhendera les spécificités « saintaniennes » en matière d’innovations et d’avancées médicales, d’environnement, de culture, d’architecture et de politique de santé mentale.

L’étude de figures individuelles, Valentin Magnan, Henri Claude, Edouard Toulouse, Jean Talairach, Georges Daumézon, Pierre Puech, Pierre Deniker, Gabriel Mazars, Jacques Lacan, Virginie Olivier…, de métiers, psychiatres, neurologues, neurochirurgiens, psychanalystes, infirmiers, aides-soignants…, accordera une importance particulière aux « traces du passé » et à la dimension patrimoniale matérielle et immatérielle. Pourront ainsi être envisagés les aspects architecturaux si particuliers du Centre Hospitalier Sainte-Anne et son implantation dans la ville. Les contributions attendues pourront également s’intéresser au mode de fonctionnement général du Centre Hospitalier Sainte-Anne ou s’attarder sur des « instants d’histoire » tels que la vie à Sainte-Anne durant les deux conflits mondiaux ou l’adaptation à la sectorisation psychiatrique des années 1960-1970.

Pour plus d’information, cliquez ici.

Book announcement – Les libérés. Mémoires d’un aliéniste, histoire de fous by Ricciotto CANUDO

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Paru en 1911 pour la première fois, ce roman magistral sur la folie anticipe, avec génie, les mouvements antipsychiatriques. Sa réédition critique offre un regard neuf sur la trajectoire d’un psychiatre atypique qui, refusant d’enfermer ses patients dans des catégories médicales, les soigne par la sexualité et la musique.
Face à la crise de la psychiatrie actuelle, sa réédition a paru nécessaire à Jean Malaurie, directeur de collection, à l’ethnopsychiatre Tobie Nathan et à Anouck Cape.
Les Libérés sont les Mémoires d’un aliéniste révolutionnaire. Conscient de la misère de la psychiatrie dans les années 1900 qui ose livrer les fous à une science sourde et aveugle, Ricciotto Canudo nous fait vivre, dans une écriture très moderne, le quotidien d’un hôpital antipsychiatrique, annonçant avec des accents visionnaires les années 1960 dont il est le précurseur ignoré. Dans ce phalanstère libertaire, ou la sexualité et la musique participent aux pratiques thérapeutiques, s’engage une lutte de pouvoir entre le médecin aliéniste et son patient qui s’achèvera dramatiquement. Nous – les soi-disant bien portants – sommes esclaves de nos préjugés.

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The Endurance of Graphology in France

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Hugh Schofield at BBC News Paris has posted an interesting article on the continued use of the field of graphology in France.  In contrast to much of the rest of the world apparently, French employers continue to rely on this form of handwriting analysis. Schofield cites a 1991 independent study that found “that a massive 91% of public and private organisations in France were then making use of handwriting analysis.”

In France, the field is associated with the work of the French Catholic priest, Jean-Hipployte Michon (1806-1881).  In Germany, graphology has been historically connected to the characterologist Ludwig Klages  (1872-1956).   And, in fact, historian Per Leo has just published a book examining the tangled history of graphology in Germany, along with its ties to anti-semitism.

Article: The Musée de la folie

The most recent issue of the Journal of the History of Collections features an article by Allison Morehead – “The Musée de la folie: Collecting and exhibiting chez les fous” – reconsidering accepted wisdom about the Musée de la folie, which opened on the outskirts of Paris in 1905.

Abstract: The 1905 opening of Dr Auguste Marie’s Musée de la folie, at the Villejuif Asylum on the outskirts of Paris, has long been viewed as a key moment in the early history of the art of the insane. But surprisingly little is known about the museum and its collection. This article argues that the Musée de la folie was in fact a largely imaginary entity that intersected both with the asylum itself and with a planned Musée rétrospectif psychiatrique. Exploring the various discourses constructed through Marie’s collection and through similar collections and museum projects across Europe permits not only a critique of the teleological narrative usually told about the discovery of the art of the insane, but also provides a richer understanding of the psychiatric and popular contexts in which Marie’s heterogeneous collection, including the art works of his patients, was originally gathered, represented and consumed.

Review – Quétel Claude, Histoire de la folie de l’antiquité à nos jours, Paris, Tallandier, 621 p., 2009.

Pour les historiens francophones, Claude Quétel demeure l’auteur d’une thèse volumineuse sur l’hôpital psychiatrique du Bon-Sauveur, dans la région de Caen, ville de cette Normandie contée par Gustave Flaubert et Guy Maupassant et largement meurtrie au XXe siècle par les années de guerre auxquelles il s’est intéressé par la suite. L’auteur reprend l’étude de la folie après plusieurs années d’absence sur ce terrain bien que l’on se souvienne de son ouvrage de synthèse écrit en collaboration avec le psychiatre Jacques Postel – que les historiens ont eu souvent l’occasion d’apprécier pour ses écrits et ses observations1.

Ce volumineux livre a de nouveau l’ambition d’être une synthèse du traitement de la folie dans un espace qui n’est cependant pas vraiment défini. Les sources concernent la France dans la très grande majorité des cas bien que certains médecins évoqués par Cl. Quétel fassent partie du panthéon de l’histoire de la psychiatrie européenne. Plusieurs événements ayant eu lieu hors de France sont évoqués – l’émergence de la psychanalyse, la stérilisation des malades en Allemagne, l’antipsychiatrie en Italie ou en Angleterre, l’impact du DSM américain – sans que l’auteur ne se réfère aux travaux des collègues européens ou nord-américains sur les sujets traités. Des articles issus des revues relevant de son objet (Frenia, Gesnerus, History of Psychiatry, Medical History, Medicina e Storia etc.) ne sont jamais cités. De la même manière, Cl. Quétel méconnaît les travaux les plus récents réalisés en France et accomplis par de jeunes chercheurs. Sans doute parce que l’auteur ne quitte jamais sa thèse: l’histoire de la psychiatrie est en France sinistrée depuis que Michel Foucault a traversé ce domaine de recherches. Ce n’est que récemment que l’on pourrait reprendre en toute liberté le travail de recherche. Ce n’est toutefois pas à cela que Cl. Quétel s’emploie. Son objectif est tout aussi idéologique que l’intention prêtée à Foucault. On comprend dès lors mieux le titre donné par Quétel à son ouvrage : c’est une anti-Histoire de la folie à l’âge classique. A force de critiquer Michel Foucault – ce que d’autres ont déjà fait avec beaucoup plus de force et de finesse – Cl. Quétel n’évite pas les propos caricaturaux et on ne voit pas très bien quelle serait l’urgence à déterrer la hache de guerre.

On parviendra ici ou là à prendre quelques informations et observations utiles dans les chapitres concernant ce que l’auteur connaît le mieux et qu’il a parfois déjà publié (les exemples issus de l’hôpital du Bon Sauveur sont sollicités à plusieurs reprises.) On trouvera également quelques références parfois peu connues rappelant que l’auteur savait trouver des documents pertinents et adéquats. Ces aspects ne suffisent pas cependant à faire oublier les erreurs factuelles, les interprétations insolites sur tel ou tel point d’une histoire de la psychiatrie qui à force de vouloir tout couvrir rate souvent sa cible. Le chapitre intitulé « Les antipsychiatries » est de ce point de vue tout à fait exemplaire. L’historien se transforme ici en avocat des psychiatres français qui n’en demandaient pas tant et leurs collègues italiens sauront apprécier les propos tenus !

Mon espoir est de pouvoir convaincre nos collègues européens que ce livre n’est pas représentatif de la recherche française dans le domaine de l’histoire de la psychiatrie ni des travaux de sciences sociales explorant la santé mentale et de les rassurer sur la possibilité de travailler dans une ambiance sereine en France. Les nuages planant sur la psychiatrie d’aujourd’hui ne sont sûrement pas lancés par Michel Foucault ni par son fantôme.

Jean-Christophe Coffin.

1 Cl. Quétel et J. Postel Nouvelle histoire de la psychiatrie, Paris, Dunod, 1994.

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