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Colloque : “Les usages des rêves. Lieux, savoirs, fictions” (Paris, 30 septembre – 2 octobre 2015)

Colloque : Les usages des rêves. Lieux, savoirs, fictions

30 septembre-2 octobre 2015, Bâtiment Le France, Paris

Colloque : Les usages des rêves. Lieux, savoirs, fictions

Lieu

Bâtiment Le France

Salle du Conseil

190 avenue de France

75013 Paris

M° Bibliothèque François Mitterrand (14) ou Quai de la Gare (6)

Les rêves ont donné lieu à une littérature vaste et variée, ils ont provoqué beaucoup d’historiques, mais peu d’histoires. Au regard de cette grande diversité, il semble préférable de parler des usages des rêves plutôt que d’une histoire du rêve. Les mots que l’on a employés et que l’on emploie pour désigner ce que l’on perçoit la nuit dans un sommeil ou un demi sommeil, mais aussi parfois le jour, demanderaient eux-mêmes à être examinés dans une perspective d’anthropologie historique et comparée. Plus généralement, peut-on parler de rêves humains isolés des cultures, des pratiques et des croyances auxquelles ils sont liés et qui leur donnent sens ?

Nous proposons de décliner la question des usages des rêves dans trois directions, qui sont à distinguer dans un premier temps mais qui peuvent, bien évidemment, se conjuguer.

1/ Pour choisir à dessein des exemples hétérogènes, un sanctuaire, une chambre, une tranchée pendant la Grande guerre, un camp de concentration, un divan psychanalytique, un laboratoire contemporain du sommeil ont été ou sont autant de lieux – de sommeils, de somnolences, de rêves, de rêveries, de cauchemars – habituels ou inhabituels. Quels types d’expériences, de récits et de croyances y ont été ou sont favorisés et suscités ? En quoi certains lieux sont-ils parfois construits comme des « incubateurs » oniriques ?

2/ Les rêves ont pu être et peuvent être des vecteurs de savoirs et de pratiques multiformes et mêlées. Sans prétendre à l’exhaustivité, on a pu et on peut leur assigner des valeurs prophétiques, magiques, thérapeutiques, heuristiques, absurdes, érotiques, honteuses, mortifères, ludiques, ou encore les voir comme des révélateurs d’intimité et de singularité, des messages politiques ou religieux. Ils ont pu donner lieu à des collections ou à des compilations d’exemples et de témoignages, servir de cibles à des enquêtes plus ou moins savantes ou scientifiques.

3/ Les rêves sont et ont été liés à des modes d’écriture, comme à des mises en image, variables selon les époques et les sociétés. Ils ont joué et jouent le rôle d’invites à créations visuelles et narratives. Mais ils sont aussi imités, stylisés ou allégorisés. La littérature, la peinture et le cinéma, par exemple, convoquent et invoquent des multiples « rêves » fictionnels.

PROGRAMME

MERCREDI 30 SEPTEMBRE – 14H-20H

14h-14h 45 Ouverture (Pierre-Cyrille Hautcoeur, Philippe Hoffmann, Antonella Romano)

Introduction (Jacqueline Carroy, Andreas Mayer)

14h 45-16h 45 Présidence : Antonella Romano

Jean-Claude Schmitt (GAHOM-EHESS) et Gisèle Besson (CIHAM, ENS Lyon) Les autobiographies oniriques au Moyen Âge

Claire Gantet (Université de Fribourg) Rêver, prédire et jouer dans l’Allemagne du XVIIIe siècle 17h-19h Présidence : Giordana Charuty

Amalia Dragani (LAS-EHESS) Récits de rêveurs poètes. Usages de songes et inspiration onirique chez les Touaregs

Pamela Millet-Mouity (Césor-EHESS) Dieu m’a dit que tu seras mon mari. «Rêves prophétiques » et choix du conjoint chez les néo-évangéliques franciliens

19h Cocktail de bienvenue

JEUDI 1ER OCTOBRE – 10H-18H

10h-13h Présidence Jean-Claude Schmitt

Juliette Lancel (CAK-EHESS) Palais oniriques de l’époque moderne : le rêve comme « lieu de savoir » ?

Pierre-Antoine Fabre (EHESS/Césor) et Caroline Callard (Université Paris-Sorbonne) Lediscernement de la vision et du rêve dans l’écriture autobiographique de Giulio Mancinelli (1537-1618)

Florence Dumora (Université Denis Diderot) Les collections de rêve à l’âge classique

13h-15h Déjeuner

15-18h Présidence Andreas Mayer

Nathalie Richard (Université du Mans) Rêves d’archéologues au XIXe siècle

Marie Bonnot (Université Paris 3) Georges Perec, « l’insomniaque du jour » : Le détournement des rêvesdans La Boutique obscure

Jacqueline Carroy (CAK-EHESS) La « boutique obscure » et la « banque des rêves » : à propos d’une enquête et d’un livre (1976-1979)

VENDREDI 2 OCTOBRE – 10H-13H

10h-13h Présidence Jacqueline Carroy

Andreas Mayer (CAK-CNRS) Sciences et techniques du corps rêvant : jalons pour une histoire


Yvonne Wübben (Freie Universität Berlin/Univ. de Bochum) Witnessing dictatorship? Towards atextual and political history of Charlotte Beradt’s Third Reich of Dreams (Das Dritte Reich des Traums)

Laurent Jeanpierre (Université Paris 8) et Esteban Radiszcz (Université du Chili / Lapsos)Comment collecter des rêves ? Leçons tirées d’une enquête en cours au sein de la jeunesse chilienne

Colloque “Rêver sans Freud” (Lausanne, 29 mai 2015)

RÊVER SANS FREUD

Journée d’études, Lausanne, 29 mai 2015

Organisée par Aude Fauvel (IUHMSP, CHUV-UNIL) et Rémy Amouroux (Faculté des SSP/UNIL)

Université de Lausanne, Bâtiment Geopolis, salle 2879
Métro M1, arrêt UNIL-Mouline

En occident, la question de l’interprétation des rêves demeure attachée au nom de Sigmund Freud, que l’on considère traditionnellement comme étant le premier à avoir ancré l’activité onirique dans la science et fait du rêve un vrai sujet d’exploration médicale. Par suite, depuis la première édition de son ouvrage fondateur en 1899, le débat s’est souvent posé en des termes binaires : avec ou contre Freud, pour ou contre son modèle interprétatif de la genèse onirique. Pourtant, ainsi que l’ont montré diverses études historiennes récentes, il n’a en réalité pas fallu attendre Freud pour que le rêve soit l’objet d’explorations scientifiques poussées, la vision freudienne s’ancrant elle-même dans l’apport de travaux antérieurs, un héritage qui a longtemps été éclipsé. Par ailleurs, il n’y pas non plus eu dans le domaine « psy » que des anti ou des pro-freudiens, de nombreux analystes du processus rêvant ne se partageant pas le long de cette ligne de démarcation, et suivant plutôt le fil de schémas interprétatifs situés en dehors et/ou à côté des problématiques liées à Freud.

Sans pour autant mettre en cause l’apport fondamental de l’œuvre freudienne, cette journée d’études aimerait donc contribuer au renouvellement du regard sur l’histoire du rêve, en interrogeant la généalogie de ces autres traditions scientifiques oniriques. Il s’agira, en particulier, d’explorer une culture plus « anglo-saxonne » de l’analyse des songes, où la figure du laboratoire et de l’expérimentation contrôlée (rêves sous drogues, sous influence, privation de sommeil, culture des tests psychométriques, etc.) joue un rôle spécialement prononcé. Il s’agira aussi d’examiner quels usages thérapeutiques ont été envisagés pour le rêve en dehors du cadre psychanalytique, en examinant, par exemple, comment certains spécialistes « psy » (psychiatres, mais aussi psychologues, psychothérapeutes, etc.) ont cherché à influencer le psychisme, voire à soigner des troubles mentaux, via des techniques de contrôles et/ou de modifications de la forme des songes.

Le colloque est libre et ouvert à toute personne intéressée.

PROGRAMME

9h00   Ouverture de la journée et accueil des participants

9h30-9h50    Présentation de la journée

Aude Fauvel (IUHMSP, CHUV-UNIL), Rémy Amouroux (Institut de psychologie, Fac. des SSP/UNIL)

Matinée : Président de séance : Mark Micale (University of Illinois)

 

9h50-10h30 Sciences et techniques du corps rêvant : jalons pour une histoire (Andreas Mayer, Centre Alexandre Koyré, Paris)

10h30-11h10   The television qualities of the nightlife of the mind – Dorothy Eggan’s dream-collecting practices among the Hopi (Rebecca Lemov, Harvard University)

11h10-11h30           Pause

11h30-12h10   Acid dreams. Tripping into the unconscious  (Jeannie Moser, Technical University of Berlin)

 

12h10- 14h   Pause repas

Après-midi : Présidente de séance : Jacqueline Carroy (Centre Alexandre Koyré, Paris)

14h-14h40   The (private) dreams of Aaron T. Beck  (Rachael I. Rosner, Independent Scholar, Boston)

14h40-15h20   Pourquoi notre cerveau rêve-t-il? (Sophie Schwartz, Université de Genève)

15h30-16h    Discussion finale / Table ronde

Pour les abstracts et plus d’informations :

http://www.chuv.ch/iuhmsp/ihm_home/ihm_activites/ihm_colloques.htm

Colloque : Clés des songes et sciences des rêves (Paris, 1er-2 octobre)

Clés des songes et sciences des rêves

Journées d’études du Labex HASTEC (qui coincident avec la parution du livre Nuits savantesde Jacqueline Carroy, aux éditions de l’EHESS)

Organisées par Jacqueline Carroy et Juliette Lancel

Lundi 1er et mardi 2 octobre

EHESS – Salle du conseil

190-198, avenue de France – 75013 Paris

Le rêve n’est pas seulement un objet physiologique et psychologique
anhistorique. C’est aussi un objet social et historique que l’on met en récit et/ou en
image pour étayer une pratique, une croyance, un savoir ou une science.
On peut faire l’hypothèse que c’est à la fin du XVIIIe siècle et au début du
XIXe que des médecins, des philosophes et des amateurs cultivés ont voulu faire
science à partir, notamment, de la notation méthodique de leurs propres rêves au
réveil. Les exemples de rêves devaient permettre d’analyser scientifiquement la
formation de ceux-ci pour faire échec aux « superstitions » en montrant que les
productions nocturnes ne renvoyaient pas à l’avenir mais au passé. De façon
provocante, Freud a revendiqué à l’inverse, contre l’onirologie de son temps, de
pratiquer une nouvelle interprétation qu’il fit remonter explicitement, à partir de
1914, à Artémidore – auteur de la seule clé des songes antique conservée – tout en
refusant cependant que le rêve ait un caractère stricto sensu prémonitoire. En
réalité les récits historiques, aussi bien des onirologues du XIXe siècle que de
Freud, demandent à être interrogés. La question des relations entre les rêves
comme objets savants et les songes comme objets à interpréter demanderait à être
précisée et complexifiée.
Ces journées d’études pourront servir de base et de tremplin à une
recherche de plus grande amplitude sur les clés des songes dans la tradition
occidentale depuis Artémidore jusqu’au 19e siècle et à nos jours. Il s’agit d’un
genre d’écrit savant et populaire qui repose sur un corpus empilé, compilé et
composite, justifiant des analyses lexicographiques et lexicométriques fines.
L’investigation de ce corpus particulier, qui n’a jamais été fait sur une longue
durée, pourra mettre en évidence des permanences, des différences et des
novations traversant les époques, mais aussi les espaces géographiques et les
cultures. Il est important de souligner d’autre part qu’a perduré en Occident une
tradition médicale savante d’interprétation des songes.
A travers cette historicisation des clés des songes sur une longue durée, qui
impliquera des synergies entre spécialistes de différentes périodes, on pourrait
comprendre de façon plus et mieux différenciée les pratiques et les positions de
croyance qui ont touché et touchent aux rêves, d’Artémidore à Freud.

Programme:

LUNDI 1ER OCTOBRE 2012
10H00 – Ouverture et allocutions de bienvenue
10h30 –Vincent Barras (Université de Lausanne, IUHMSP)
« Le contexte médical du rêve dans la médecine grecque. »
11h15 – Pause
11h30 – Julien du Bouchet (Montpellier 3)
« Artémidore, homme de science. »
12h15 – Christian Jacob (EHESS, CNRS, AnHIMA/INHA)
« Rêves de survol et d’ascension. »
13h00 – Déjeuner
14h30 – Andrei Timotin (Académie Roumaine, EPHE)
« Techniques exégétiques dans les clés des songes byzantines. »
15h15 – Jean-Claude Schmitt (EHESS, GAHOM)
« Les clés des songes au Moyen Âge. »
16h – Pause
16h15 – Pierre-Antoine Fabre (EHESS, CARE)

« Voir n’est pas rêver. La vision comme accomplissement du songe dans quelques témoignages spirituels d’époque moderne. »

17h00 – Hervé Huot (EHESS)
« Les « songes prédiseurs », s’ils sont déterminés par le positionnement des corps
célestes, intéressent-ils encore l’autorité théologique ? (Europe de l’Ouest, XVIe
siècle). »

MARDI 2 OCTOBRE 2012

09h30 – Juliette Lancel (HASTEC, EHESS, CAK)
« D’Alep à Paris, itinéraire d’une clé des songes : le plaidoyer prudent d’un
médecin du XVIIe siècle. »
10h15 – Guillaume Garnier (Université de Poitiers)
« Faut-il dormir pour rêver ? »
11h00 – Pause
11h15 – Nicole Edelman (Paris Ouest Nanterre La Défense)
« Les clés des songes à l’épreuve de la voyance et de l’astrologie (XIXe-XXe
siècles). »
12h00 – Philippe Boutry (EHESS, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CARE)
« Les clés des songes d’Halbert d’Angers . »
12h45 – Déjeuner
14h30 – Jacqueline Carroy (EHESS, CAK)
« L’Antiquité au crible de la science des rêves du XIXe siècle. »
15h15 – Andreas Mayer (Max Planck Institut Berlin)
« La Traumdeutung, une nouvelle clé des songes ? »

Pour plus d’informations, cliquer ici.

Parution de livre : “Nuits savantes : une histoire des rêves, 1800-1945” (Jacqueline Carroy)

Nuits savantes : Une histoire des rêves (1800-1945)

Jacqueline Carroy

Éditions de l’EHESS

Comment les rêves sont-ils devenus des objets de science ? En nous restituant les pratiques oniriques de savants rêveurs, illustres ou amateurs cultivés, l’auteur propose une histoire inédite des songes et revient sur  l’orgine de la psychanalyse.
Pourquoi des savants se sont-ils intéressés à leurs songes et appliqués à les noter minutieusement? Centré sur l’Europe francophone, ce livre prend comme objet d’étude une figure qui s’affirme au cours du XIXe siècle et se perpétue jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, celle du «savant rêveur». Dans un but scientifique, philosophes, médecins et psychologues, mais aussi amateurs cultivés, utilisent leurs propres exemples pour construire une psychologie fondée sur les rêves, interprétés comme résultant de perceptions extérieures transformées, d’impressions intimes, parfois sexuelles, ou d’associations d’idées. Ces expériences nocturnes leur apparaissent principalement comme des retours d’un passé soit récent, soit très ancien, demeuré le plus souvent inconscient. Par ailleurs, on continue à donner aux visions nocturnes un sens prémonitoire, en particulier dans les clefs des songes, largement diffusées à l’époque. Enfin, lors de la Grande Guerre, les consigner par écrit devient un précieux refuge pour fuir une réalité vécue comme un cauchemar.
En permettant de redécouvrir les « nuits savantes» de personnages comme Maury, Hervey de Saint-Denys, Tarde, Delbœuf ou Halbwachs, l’auteur propose une histoire inédite des rêves et revient sur les débuts de la psychanalyse. Jacqueline Carroy montre que Freud, savant rêveur de son temps, a suivi les pas de ses prédécesseurs, tout en posant les bases d’une nouvelle approche des songes. Cet ouvrage novateur exhume des conceptions et des pratiques aujourd’hui oubliées, bien qu’à l’origine de notre modernité.

En librairie le 4 octobre 2012

http://www.editions.ehess.fr/a-paraitre/

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