Parution de livre : Sabine Arnaud, L’Invention de l’hystérie au temps des lumières (1670-1820)

L’invention de l’hystérie au temps des Lumières (1670-1820)

Sabine Arnaud
Editions de l’EHESS
L’invention de l’hystérie nous porte au 18e siècle, lors de l’élaboration des maladies nerveuses frappant les gens du monde, hommes et femmes, et les lettrés en particulier. Qu’est ce qui se joue dans l’écriture de ce diagnostic ? À travers des textes de médecins, de patients, d’écrivains, Sabine Arnaud déchiffre toute une société.
L’hystérie au 18e siècle nous mène loin des mises en scène de Charcot et des cures de Freud. C’est le moment même de l’invention d’une catégorie pour identifier une maladie nerveuse frappant les gens du monde, hommes et femmes, et les lettrés en particulier. Mais comment établir une pathologie dont la caractérisation commence par le nombre infini de symptômes ? Des textes médicaux aux ouvrages littéraires, métaphores, citations, et anecdotes sont mises à contribution. De l’animal indocile emprunté au Timée, à un « je ne sais quoi », d’un protée à un caméléon, ou à une hydre, médecins et hommes de lettres rivalisent dans son écriture. Un jour courtisans, ils s’inventent le lendemain citoyens fervents d’une nation nouvelle ; leurs écrits déclinent l’hystérie au fur et à mesure des modes et des passions et cristallisent les craintes et les rêves d’un temps.
Découvrir ces conceptions nous porte à apprécier la médecine telle qu’elle s’écrivait au dix-huitième siècle. S’éloignant à grand pas des traités à systèmes, les médecins s’adressent alors à leurs patients au nom d’une sensibilité partagée, et publient dialogues, autobiographies et correspondances pour faciliter cet échange. Ils présentent ainsi une image de l’acte médical fondée dans la prévenance et le récit de soi. A nous de déceler les enjeux d’un diagnostic pour une médecine en pleine transformation.

SOMMAIRE

Avant-Propos
Nommer (Introduction)
Première partie. De l’usage des diagnostics, des divisions du savoir
Pathologie et différence sexuelle
Affection vaporeuse et classe sociale
Rencontres entre la sphère médicale et la sphère religieuse

Partie II. Les métaphores, ou comment donner figure à l’indéfinissable
D’un répertoire d’images : Protée, caméléon, hydre
De la répétition d’une citation, des divergences de lecture

Partie III. Mises en écrit d’une pathologie et pratiques de diffusion : L’emprunt de genres rhétoriques
Le dialogue
L’autobiographie
La correspondance fictionnelle
Les consultations par correspondance
L’anecdote

Partie IV. Code, vérité ou ruse ? Descriptions littéraires de troubles en quêtes de lecteurs
Troubles de circonstance et persiflage
Corps-vérité en attente d’exégèse
Tours de vapeurs et paroles obliques

Partie V. Mise en récit de cas pathologiques et création d’énigmes, les fonctions du narratif
À l’ombre du conte fantastique
Pièges et contre-pièges
La construction d’un secret
De l’authenticité du corps au savoir du patient

Partie VI. Jeux de rôles et redéfinitions de la médecine

Démystifier ou mystifier ? Fonder le rôle du médecin thérapeute
Stratégies de légitimation et définition du patient à venir

À rebours (Conclusion)

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